Sur la Côte d’Azur, les écosystèmes pharma et new space séduisent les investisseurs
Gaëlle Cloarec
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SpacePharma est l'une de ces pépites potentielles que les territoires regardent avec les yeux de Chimène. C'est que la jeune pousse née en 2012, en Suisse, entend contribuer à l'industrialisation dans l'espace grâce à ses laboratoires miniaturisés qui, placés en orbite, permettent de mener des recherches et de la production en l'absence de gravité pour le secteur des sciences de la vie et de la santé au sens large. Déjà présente en Angleterre, en Israël et en Floride, cette pionnière souhaite désormais s'implanter en Europe, notamment en France. "Nous avons sélectionné quatre zones européennes, dont trois en France : le Grand Est, la région parisienne et les Alpes-Maritimes où nous sommes accompagnés par Team Côte d'Azur", explique Paul Kamoun, directeur commercial de SpacePharma. Alors, viendra, viendra pas ? La décision devrait intervenir avant l'été, mais le dirigeant, ancien de chez Thales Alenia Space à Cannes, et donc au fait des écosystèmes locaux, l'admet : "Nous avons très envie de faire quelque chose ici". Reste à savoir sous quelle forme.
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Qu'est-ce qui plaide pour la Côte d'Azur ? En premier lieu, dixit Paul Kamoun, son écosystème des sciences du vivant, cible de l'entreprise. Ce dernier regroupe, selon la dernière étude publiée en 2021 par l'Observatoire économique Sirius de la CCI Nice Côte d'Azur, 432 établissements. Il génère un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros pour 9.900 emplois répartis dans six domaines d'activité dont l'industrie aromatique, l'industrie pharmaceutique, la chimie de base, le génie biomédical, la cosmétologie et le monde végétal). Un poids lourd assurément, dont le volet santé et pharma s'avère pourtant peu reconnu, même en ses terres, regrette Emilie Royère, directrice générale du pôle de compétitivité Eurobiomed : "Quand on parle des grands noms industriels des Alpes-Maritimes, tout le monde pense à Amadeus, à Thales Alenia Space, mais peu au versant santé du territoire". Lequel n'a pourtant pas à rougir avec l'arrivée en 2018 à Sophia Antipolis des laboratoires allemand, Nuvisan, et américain, Syneos Health, à la suite du départ de Galderma qui, par ailleurs, n'a pas été la catastrophe industrielle que certains craignaient. Au contraire. Le foncier libéré a plutôt agi comme un aimant, tant pour les sociétés exogènes, on l'a vu, que pour les structures endogènes, à l'image d'InnoSkel, spécialiste des thérapies géniques pour les maladies rares du squelette et "sans doute l'une des plus belles biotechs européennes".
Gaëlle Cloarec