Comment l'agriculture urbaine veut reconquérir Marseille
Maëva Gardet-Pizzo
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agriculture urbaine marseille
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La Valentine, quartier marseillais réputé pour son imposante zone commerciale, s'éveille. Le grognement penaud des camions de livraison se mêle au crissement de quelques motos et au ronflement d'un permanent flux de voitures. Ici cohabitent le magasin Ikea de la ville, un Leroy Merlin, un Décathlon. Une usine Heinkekein. Un quartier-village comme Marseille sait si bien en faire. Et au milieu de ce vaste monde de béton : un petit coin de ferme. C'est ici que travaille Jean Walter.
Deux hectares et demi de fraîcheur et de calme. Des chants d'oiseaux. Des oliviers centenaires. Un imposant figuier aux fantaisistes ramifications. Un parterre de fleurs auprès desquelles s'attarderont d'ici quelques mois abeilles et papillons. « Ici, on a des oignons et des pommes de terre. C'est envahi d'herbes mais les légumes vont reprendre le dessus », montre l'agriculteur de 38 ans.
Visage aux traits fins, cheveux bruns, barbe de trois jours, Jean Walter fait partie de ceux que l'on appelle néo-agriculteurs. Ingénieur pendant plusieurs années, il a choisi de changer de voie pour une vie plus libre. Au grand air.
Il aurait pu se lancer en périphérie de ville. Mais une opportunité au cœur de Marseille s'est offerte à lui. « La Métropole avait lancé un appel à projet pour qu'un agriculteur s'installe ici ». Il postule, proposant du maraîchage diversifié en agriculture biologique. Et est retenu.
Depuis, son quotidien est rythmé par la gestion de ses plants, par la météo. Avec pour compagnie quelques sangliers qui lui rendent parfois visite. Mais aussi des voisins qui sont ravis de revoir cette ancienne terre agricole donner à nouveau des fruits. Renouant ainsi avec une page du passé de la ville.
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Car il y a quelques décennies, avant même que le terme d'agriculture urbaine soit en vogue, de nombreuses zones de culture irriguaient la ville. Du Nord au Sud : des jardins ouvriers et familiaux où les plus aisés disposent de larges domaines qui leur servaient à se mettre au vert.
Maëva Gardet-Pizzo