« L’intelligence artificielle n’est pas une technologie, c’est un contrat de société » (Jean-Philippe Desbiolles, IBM)
Laurence Bottero
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Desbiolles IBM
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LA TRIBUNE - Aujourd'hui, pas une startup ou un grand groupe qui n'intègre l'intelligence artificielle dans sa R&D, ses produits... L'intelligence artificielle est-elle intégrée de la même façon dans tous types d'entreprises ?
JEAN-PHILIPPE DESBIOLLES - Une étude menée par IBM en 2022 auprès de 5.000 executives sur 15 marchés, au sens géographique du terme, dont la France, a démontré que l'IA est déployée au sein de 28% de très grosses entreprises, 29% de grandes entreprises, 18% de moyennes entreprises et 25% de petites entreprises 25%. Ce qui est un bon mixte de profils. Mais ce qui m'a marqué, c'est que 1/3 des personnes interrogées disent déployer l'intelligence artificielle activement. Plus de 43% expliquent être en phase d'exploration active. Cela montre que l'on a devant nous un grand mur d'accélération. Le mur de l'adoption est devant nous et pas derrière nous.
On remarque une différence d'adoption entre grandes entreprises et startups d'un côté et moyennes entreprises de l'autre... Comment cela s'explique-t-il ?
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Dans cette étude il est clairement ressorti qu'il y a une vraie différence entre l'adoption des entreprises dites grosses et des petites. C'est pour moi une interrogation. Les grands groupes ont tous des projets d'IA et les petites entreprises, non. Or, on ne peut pas dire que cela soit une question d'argent, car les questions d'IA et d'open source ne coutent pas grand-chose et le ticket d'entrée de la technologie aujourd'hui c'est largement démocratisé. Est-ce une question de compétences en tant que telle ? Peut-être, mais il ne me semble pas si difficile que cela te recruter des jeunes soit des stagiaires, soit des jeunes étudiants qui sortent d'écoles qui ont développé des compétences en la matière. Cela ne constitue pas une barrière à l'entrée. Il y a 10 ans ou 5 ans, je n'aurais pas tenu le même discours, il y a 5 ans je n'aurais pas tenu le même discours. Aujourd'hui, l'accès à la techno est assez facile. La raison se situe sans doute ailleurs. Peut-être les PME considèrent-elles que le sujet n'est pas stratégique pour elles. Peut-être ont-elles d'autres obligations plutôt que d'explorer des cas d'applications dans le domaine de l'intelligence artificielle. Pourtant, l'IA est un élément stratégique de transformation vis-à-vis des clients finaux et de l'entreprise en tant que telle. Elle s'intègre pleinement dans toutes les activités, qu'elles soient des activités industrielles, des activités de service, des activités très manuelles. L'IA est de plus en plus intégrée dans les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité.
Laurence Bottero