Desserte aérienne de service public : le dilemme corse
Jean-Marc Raffaelli
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janvier 2024. Dans le secteur du transport aérien, une compétence qui relève de la Collectivité de Corse au titre de son statut particulier, l'île a toujours échappé à la concurrence si l'on excepte la tentative, en 1999, d'Air Littoral qui a depuis déposé le bilan.
L'ouverture des plis, le 18 juillet dernier, consécutive à l'appel d'offres, est venue confirmer la rumeur : Air Corsica n'est pas la seule candidate en lice. Volotea s'est mise sur les rangs et propose d'assurer en partie la desserte de service public à destination d'Orly et de Marseille au départ d'Ajaccio et de Bastia. La compagnie catalane, dont la présence en Corse depuis 2012 n'a cessé de s'intensifier (47 000 vols, 6 millions de passagers transportés dans l'île, dont plus de 400.000 cet été), a fait une offre pour remplir les obligations de service public à 50 millions d'euros, presque deux fois moins que celle d'Air Corsica (96 millions). En prime, elle prend l'engagement de créer une base délocalisée en Corse et de privilégier l'emploi local. On comprend un peu mieux la fébrilité des élus de la majorité territoriale nationaliste, son président Gilles Simeoni en tête, à la perspective de la désignation du futur délégataire, inscrite à l'ordre du jour de la session de l'Assemblée de Corse prévue les 23 et 24 novembre prochains.
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Les élus de la Corse et une large majorité de la population insulaire ne voient pas d'un très bon œil l'arrivée de Volotea dans le paysage, comme l'atteste la campagne sur les réseaux sociaux pour la décrédibiliser. Pourtant, la Catalogne est perçue comme un modèle idéal pour ceux qui revendiquent un statut d'autonomie pour l'île. Dans le contexte aérien, la compagnie espagnole est plutôt considérée comme un trouble-fête.
Jean-Marc Raffaelli