Face aux « vertiges » mondiaux, Marseille-Fos poursuit la mutation de son modèle économique
Laurence Bottero
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... la croissance.
L'exercice de restitution des résultats de l'année écoulée est habituel, certes, mais désormais le focus ne se pose pas - plus ? - sur les niveaux de trafic obtenus. Si auparavant on scrutait le comportement des vracs solides, liquides, du roro ou des conteneurs, désormais le curseur s'est déplacé. Non pas qu'il faille oublier ces éléments économiques tangibles - la croissance 2023 est notamment tirée par le trafic passagers, en hausse de 36% - mais ce qui fait la bonne santé du port se trouve aussi ailleurs. La croissance de 10,8% enregistrée pour l'exercice 2023, portant le chiffre d'affaires à 210,5 millions d'euros alors que le contexte mondial recule, valide l'approche.
Le plan stratégique établit pour la période 2020-2024 l'avait laissé entendre : Marseille-Fos avait vocation à devenir un port entrepreneur. On était évidemment loin d'en appréhender les contours exacts, imaginant un port devenir incubateur de startups et projets innovants... De fait, c'est bel et bien le cas, mais les projets s'appellent Carbon - gigafactory solaire - H2V - production d'hydrogène par électrolyse de l'eau (84.000 tonnes prévues par an) ou encore GravitHy, dédié à l'acier vert. Des projets d'ampleur, stratégiques pour le territoire mais aussi pour la France. Voilà qui place Marseille-Fos encore davantage au centre du jeu car il ne s'agit pas uniquement d'accueillir en son sein, il faut aussi fournir les conditions de transports qui mènent vers les destinations névralgiques, ce qui signifie intensifier les relations avec son hinterland, déployer plus encore le fluvial et le ferroviaire.
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« Avant de parler du port, il faut parler du monde », estime Christophe Castaner. Une façon pour le président du conseil de surveillance du GPMM de dire que si le modèle économique évolue c'est que le contexte mondial aussi, parce que dit-il « il y a des vertiges auxquels il faut faire face ». Des vertiges qui s'appellent crainte de perte de la souveraineté. « Le plus grand risque étant la perte de contrôle », assure l'ancien ministre. « La souveraineté c'est choisir pour nous-même ce que nous devons contrôler et ce que nous devons réguler ». Et la perte de contrôle, « c'est la désindustrialisation ».
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