Nicolas (un prénom d'emprunt, il préfère rester anonyme par peur de représailles) a de la chance. Son appartement, situé dans les quartiers sud, a été épargné par les pillards qui sèment la terreur dans Nouméa et ses banlieues depuis bientôt trois semaines.
« Il y a eu des troubles à deux ou trois rues de chez nous, mais comme avec ma compagne, nous habitons un peu en hauteur, sur une espèce de colline, ils ne sont jamais montés jusque-là pour nous attaquer »,raconte ce jeune Perpignanais d'origine (Pyrénées-Orientales) àLa Tribune,en cette fin du mois de mai.
Au plus fort des émeutes, Nicolas organisait des rondes avec ses voisins, armés, pour protéger le quartier, complètement barricadé. Contrairement au gouvernement qui parle d'apaisement, le jeune homme, âgé de 31 ans, observe lui que la situation n'est toujours pas revenue à la normale.
Nicolas reconnaît tout de même que la plupart des Kanaks aspirent au calme et à la paix. Mais certains dirigeants se verraient bien mener le combat jusqu'à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, au-delà de la demande de la loi sur le dégel du corps électoral qui a mis le feu aux poudres. Quant à lui, il reproche à l'État français de ne pas avoir anticipé et d'avoir complètement lâché les habitants de l'archipel.