« Plus qu'un sujet de société, l'IA est un sujet d'humanité » (Valérie Dagand, IA Campus)
Rémi Baldy
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LA TRIBUNE : Depuis le succès de ChatGPT, l'intelligence artificielle a-t-elle franchi un cap ?
Valérie Dagand : L'IA en tant que telle existe depuis une bonne dizaine d'années, y compris dans l'industrie. Mais parler d'IA c'est parler d'un grand magma qui veut tout et rien dire. A l'intérieur, il existe depuis très longtemps le machine learning qui correspond à des données qui sont entraînées. Concrètement, pour reconnaître une voiture il faut d'abord l'action d'un être humain pour mettre des étiquettes afin de définir ce qui est une voiture ou un vélo, c'est le captcha. Ensuite, l'utilisation d'un algorithme permet de réaliser du prédictif. Avec l'IA générative, celle de ChatGPT qui est un segment plus projet appelé deep learning, il n'y a plus besoin de ce travail d'étiquetage, les algorithmes apprennent tout seul il faut juste une bonne préparation des données en amont. Ce qui est nouveau c'est ça, la création de contenu.
Il y a un avant et un après ChatGPT ?
V.D : Si vous regardez le nombre de requêtes avec le mot « IA » ou « AI » sur Google, elles explosent depuis fin 2022. L'utilisation de l'IA générative est très spectaculaire ce qui conduit a un effet buzz, et comme elle est peu onéreuse également donc elle s'est naturellement démocratisée. Tout le monde voit désormais l'IA comme un eldorado, toutes les entreprises y voient un moyen de faire plus avec des effectifs constants. Il y a une pensée magique comme quoi tout serait automatisé, c'est pour cela qu'il y a un fort enjeu d'accompagnement, les entreprises ont besoin de comprendre, de se former et de s'acculturer.
L'opportunité est-elle avant tout financière avec le risque de supprimer certains emplois ?
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V.D : Pour l'instant, l'IA génère plus d'emplois qu'elle n'en supprime, c'est un point assez clair et qui va durer encore longtemps car le niveau de maturité de la technologie est très faible. En revanche, il faut prendre conscience des impacts pour le futur, de la même façon qu'il a fallu le faire lors de la transformation digitale qui consiste aussi à numériser des processus. C'est la conduite du changement. Comme le sujet est très neuf, nous n'en sommes pas encore là, mais il faut dire à chaque chef d'entreprise qui veut faire plus et mieux que ce n'est pas seulement un sujet technologique mais de transformation.
Rémi Baldy