A Marseille, la marine marchande craint la fin des exonérations patronales

Laurence Bottero
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Colin

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C'est peu dire que la fin annoncée de l'exonération des cotisations patronales pour le secteur maritime a retenti comme un coup de canon pour l'ensemble de la filière. Jusqu'alors, cette exonération permettait à la marine marchande tricolore de jouer à armes égales avec ses concurrents proches, tels que l'Espagne et l'Italie, mais aussi avec certains pays plus lointains. Question de compétitivité, évidemment. L'enjeu, c'est l'attractivité du « registre international français » ou RIF, basé à Marseille.
Le pavillon français est devenu, estime Nicolas Ganaye, président du comité marseillais des armateurs de France, « attractif », de plus en plus de navires optant pour celui-ci. Ils étaient ainsi 408 en 2018 ; ils sont désormais 438 en 2024. « Et ça continue, insiste Nicolas Ganaye. L'intérêt du pavillon français renaît. » Une dynamique de croissance qui pourrait bien être ainsi interrompue. Car qui dit pavillon français, dit équipage français. Ce sont donc souvent 7 ou 8 officiers qui sont engagés à bord de navires, là où il serait aussi possible de faire le strict minimum en n'embauchant que le capitaine et son second.
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En affaiblissant ainsi, par la fin de l'exonération des cotisations patronales, les armateurs français, c'est l'emploi dans la filière qui serait ainsi affecté, et vite, craint Nicolas Ganaye : « La marine bénéficie du plein-emploi. Outre les équipages à bord, les armateurs - qui en étant enregistrés au RIF ont, de fait, leur siège social à Marseille - créent également des postes sédentaires. Lesquels consomment sur le territoire. Le risque serait de provoquer un effet domino négatif et, finalement, de faire monter le taux de chômage. Le RIF, avec 438 navires, représente 0,4 % du tonnage mondial. Cela peut paraître peu. Mais avec cette coupe annoncée, ça pourrait encore être moins. » Car ce qui pointe, en ligne de mire, c'est l'abandon du pavillon français pour un pavillon plus attractif.
Laurence Bottero