En près de deux ans, les projets valorisant l’industrie décarbonée se sont multipliés – Carbon, H2V, Médyterra ou GravitHy pour ne citer qu’eux – tous optant pour une implantation dans le périmètre du Grand Port Maritime. Des projets conséquents autant en termes d’emploi – 10.000 postes seraient créés – que d’investissement – 10 milliards d’euros mobilisés à horizon 2030. Mais des projets surtout conditionnés à l’amélioration des réelles problématiques de mobilité et de logements, notamment. Une cause d’inquiétude pour les industriels et les acteurs économiques qui montent au créneau et...... ent l’Etat à donner le coup d’accélérateur et de facilitation nécessaires.
En 18 mois, la face industrielle de Marseille-Fos est passée de vitrine de l'industrie traditionnelle à vitrine de l'industrie décarbonée. Non pas que la démarche soit récente puisque les industriels s'étaient déjà regroupés autour de l'initiative PICCTO, plateforme d'expérimentation et d'innovation installée à Caban-Tonkin, réfléchissant depuis plus de dix à l'avenir décarboné de leur industrie. Mais clairement, l'arrivée annoncée de Carbon, de H2V ou encore de GravtiHy, ont produit une sorte d'effet accélération qui certes fait du bien en termes d'attractivité mais - comme toute médaille a son revers - pose aussi des questions en termes d'infrastructures.
Comment organiser la mobilité dans un territoire déjà contraint par un maillage complexe, qui ne répond pas aux besoins actuels des entreprises ? Comment, de la même façon, loger ces nouveaux actifs quand on connaît les difficultés immobilières à Marseille ?
Ne pas regarder le train passer
Si la faisabilité des projets annoncés est déjà liée à la réalisation de la ligne à haute-tension de 400.000 volts qui doit venir apporter l'énergie électrique nécessaire aux projets suscités et si la réalisation de cette ligne n'est pas certaine, autant dire qu'elle est presque un sujet secondaire au regard des besoins somme toute essentiels quand un territoire grandit et se développe.
Le temps du contentement et des congratulations passé, certains acteurs économiques ont commencé à attirer l'attention sur des conditions qui ne sont aujourd'hui pas remplies pour accueillir sereinement ces projets. Des voix (trop) discrètes auxquelles le mémorandum adopté il y a quelques jours par le conseil de développement du Grand Port Maritime donne résonance. « Chaque acteur a la même ambition, mais aucun ne dit la même chose ni a les mêmes intérêts. Si on ne guide pas les intentions, il ne restera que des individualités », indique Mathieu Stortz, vice-président du conseil de développement de Marseille-Fos et par ailleurs directeur général de la CNR, la Compagnie nationale du Rhône, soucieux d'attirer l'attention sur un état de fait, le risque étant « si rien ne bouge dans les prochains 12 mois à 18 mois de regarder passer le train ». Soulignant par exemple, que sans offre de logement adaptée, « ce ne sont pas 10.000 emplois qui seront créés, mais 10.000 emplois à pourvoir ».