« La ratification du traité sur la haute-mer est indispensable »
Laurence Bottero
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Fred TANNEAU / AFP
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LA TRIBUNE - Quel est l'objectif du sommet SOS Océan organisé les 30 et 31 mars à Paris ?
OLIVIER POIVRE D'ARVOR - Il n'y a pas eu de conférence onusienne depuis dix ans en France, ni depuis l'élection du nouveau président des Etats-Unis. Et pourtant les sujets sont nombreux, comme la gouvernance de l'océan, une discussion qui doit se faire dans le respect des frontières et des souverainetés. Il est donc aujourd'hui essentiel de faire caisse de résonnance. Et si on veut interpeller largement sur l'économie bleue, il faut des personnalités qui portent la parole, dont certaines sont même retirées de la sphère publique comme Al Gore, l'ancien vice-président des Etats-Unis, ou Michelle Bachelet, l'ancienne présidente du Chili. Ce SOS Océan est donc une alerte utile.
La défense des océans ne concerne pas que les scientifiques ou les experts, mais aussi la société civile. La Conférence des nations Unies pour l'Océan (Unoc), qui se tiendra à Nice en juin prochain, y sera d'ailleurs largement consacrée. Est-ce une approche clef ?
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Les alertes existent mais plaident souvent pour une cause parfois très sectorielle, avec parfois des propos si radicaux que l'on a du mal à y croire. Il y a d'autres cris d'alerte, ceux que portent par exemple les pêcheurs sur l'environnement. Pour faire avancer la cause, il faut donc des coalitions qui rassemblent tous les décideurs. D'autant qu'il existe des mesures relativement faciles à prendre, qui apportent des solutions économiques, comme sur les sujets de la décarbonation ou du plastique. Il est par exemple plus facile de décarboner le transport maritime que le transport aérien, et cela tient à la volonté des armateurs qui se mettront d'accord sur le carburant capable de remplacer le fuel. Mi-avril, l'Organisation maritime internationale décidera d'une norme mondiale sur les carburants, applicable mondialement. C'est une approche très concrète.
Laurence Bottero