L’Océan au cœur des enjeux de coopération
Natasha Laporte
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L'océan, ce bien commun qui joue un rôle clé dans le climat, est aussi un terrain de jeu géopolitique. Et un sujet débattu lors du Nice Climate Summit, qui s'est tenu à Nice les 26 et 27 septembre dernier.
Tout commence par le défi d'une réglementation mondiale, qui avance, certes, mais non sans peine. Symbole de la coopération internationale dans ce domaine, le premier traité sur la protection de la haute mer, adopté l'an dernier à l'ONU, à l'issue de quinze ans de discussions, sera l'un des dossiers phares au menu des discussions de la Conférence des Nations Unies sur les océans (Unoc 3), qui se déroulera du 9 au 13 juin 2025 à Nice. Baptisé Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (Biodiversity Beyond National Juridiction, BBNJ), cet accord vise notamment à créer des aires marines dans le « far west » océanique - ces zones situées à plus de 370 kilomètres des côtes qui ne relèvent pas des juridictions nationales. Et pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par les Etats signataires.
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« Nous venons d'enregistrer la dixième ratification, mais nous avons besoin de 60 ratifications au minimum pour l'appliquer. L'Unoc-3 sera l'occasion d'amener de la volonté politique - de la part des pays de l'Afrique et de l'Amérique latine, qui n'ont pas encore ratifié ce traité - pour pouvoir annoncer son entrée en vigueur ici, à Nice », déclare André Abreu, directeur des politiques internationales au sein de la fondation Tara Ocean qui plaide pour une science ouverte en faveur de l'océan en mobilisant le monde de la recherche et de la société civile et dont la goélette Tara explore les écosystèmes marins. Le BBNJ illustre ainsi aussi bien les complexités de la géopolitique de l'océan que la possibilité de mettre des Etats autour de la table pour élaborer un texte « contraignant, difficile politiquement, qui émet des règles pour la recherche, la génétique, les brevets, la commercialisation des produits, les aires marines protégées, les études d'impact, de même que pour la coopération internationale », se réjouit-il.
Natasha Laporte