C'est ce que l'on appelle avoir le sens du calendrier. A quelques jours de la conclusion de la vaste commission nationale du débat public qui englobe l'ensemble des projets d'industrie décarbonée prévus pour s'installer dans le périmètre du Grand Port Maritime, la signature du protocole de financement des liaisons routières entre Martigues-Port de Bouc et Fos-Salon vient mettre fin à des années d'expectatives. Et relancer, en même temps, la faisabilité de ces mêmes projets d'industrie verte.
Près de 50 ans que le sujet de ces deux routes revient inlassablement sans que jamais solution ne soit trouvée. La commission nationale du débat public, alors présidée par l'ancienne ministre Chantal Jouanno, s'était intéressée particulièrement à la liaison Fos-Salon en 2021, objet de discussions et de « tergiversations » depuis 1976.
Fallait-il donc des projets d'envergure pour accélérer la fin des « chicayas » et mettre tout le monde - comprendre les collectivités - d'accord et sur la même longueur d'ondes ? Apparemment.
En octobre dernier, le conseil de développement du Grand Port Maritime de Marseille-Fos avait mis un grand coup de pied dans la fourmilière en adoptant un mémorandum qui alertait sur le risque d'un immobilisme qui consisterait à « regarder passer le train » et ne jamais voir la concrétisation des multiples projets prévus. « Chaque acteur a la même ambition, mais aucun ne dit la même chose ni a les mêmes intérêts. Si on ne guide pas les intentions, il ne restera que des individualités », indiquait alors à La Tribune, Mathieu Stortz, président du conseil de développement de Marseille-Fos et par ailleurs directeur général de la CNR.