Agnès Pannier-Runacher et Elisabeth Moréno, deux ministres en campagne pour l'égalité hommes-femmes
Fanny Guinochet
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Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, la diversité et l'égalité des chances et Agnès Pannier Runacher, ministre déléguée à l'industrie.
Agnès Pannier Runacher et Elisabeth Moreno publient, ce jeudi, un ouvrage commun, intitulé "Femmes, ministres et féministes", dans lequel elles détaillent 20 propositions pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes. Derrière les confessions personnelles, elles dressent aussi un état des lieux affligeant de la situation.
L'égalité homme-femme ! On pourrait se dire que le thème est éculé, maintes fois abordé. On pourrait s'attendre aussi à ce que Marlène Schiappa, qui a souvent porté ces questions au sein du gouvernement, soit en première ligne.
Que nenni ! Ce sont deux ministres, plus discrètes, Agnès Pannier Runacher, ministre déléguée à l'industrie, et Elisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, la diversité et l'égalité des chances, qui ont choisi, de concert, de publier un ouvrage sur le sujet.
Le livre " Femmes, Ministres, et Féministes", publié chez Point d'Orgue, surprend par sa fraîcheur, sa sincérité, les confidences que ces deux ministres délivrent sur leur parcours personnel, sur leurs espoirs aussi pour les générations à venir.
Dans la première partie, on découvre des personnalités aux chemins professionnels passionnants, qui ont souvent dû faire preuve de volontarisme et d'abnégation pour vivre leurs ambitions dans des milieux masculins. Leurs carrières, aussi exceptionnelles soient-elles, illustrent pleinement les difficultés que les femmes rencontrent pour s'imposer, se faire respecter, progresser dans la hiérarchie. Pour mener à bien vie professionnelle et vie personnelle aussi, sans culpabilité. Celle que les femmes nourrissent d'elles-mêmes mais aussi celle que la société a vite fait de leur renvoyer...
Des inégalités qui se poursuivent
Reste que, le diagnostic, rappelé dans l'ouvrage, fait toujours aussi froid dans le dos. Si l'on s'en tient au milieu du travail, les chiffres sont affligeants : 30 % des femmes déjà harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail, un écart salarial à compétences et poste égal en France qui reste à égal 9 %, une retraite des femmes encore inférieure de 42 % par rapport à celle des hommes, une seule femme patronne d'entreprise du CAC 40 etc, etc
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Sans compter que la pandémie de Covid a encore ancrée ces différences, quand elle ne les a pas creusées. Les femmes ont ainsi été plus exposées aux pertes d'emplois que leurs homologues masculins. En matière de télétravail, elles sont souvent perdantes, ne disposant pas de conditions matérielles correctes - ainsi, seules 58 % des femmes en télétravail peuvent s'isoler dans une pièce dédiée contre 74 % des hommes- etc etc.