Parité femmes-hommes : Judith Jiguet, présidente d'ISS France, s'engage
Nathalie Jourdan
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Judith Jiguet a pris il y a six mois la présidence exécutive d’ISS France.
crédit ISS
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Judith Jiguet a pris il y a six mois la présidence exécutive d’ISS France.
crédit ISS
LA TRIBUNE - Vous venez de signer, au nom d'ISS France, la charte des sept principes* d'autonomisation des femmes de l'ONU qui commande notamment une gouvernance plus égalitaire des entreprises. Pourquoi ?
JUDITH JIGUET - J'ai toujours milité pour l'égalité peut-être parce que j'ai été moi-même un concentré de tout ce qui freine les femmes : bonne élève mais atteinte simultanément du complexe de Cendrillon et de celui de l'imposteur. Je sais, pour l'avoir vécu, les épreuves par lesquelles il faut passer pour briser le plafond de verre et je veux y prendre ma part dans mes nouvelles fonctions. Par chance, sur cette question, je n'ai pas à lutter contre ma maison mère chez qui cela sonne comme une évidence. Le groupe ISS est, en effet, détenu par de grandes familles danoises, probablement le pays le plus en pointe dans la prise en compte de la diversité. Tous les administrateurs sont habités par de hautes valeurs RSE. Et puis 68% de nos salariées sont des femmes, c'est un élément qui m'oblige comme le fait que je sois la première présidente en 35 ans de présence de l'entreprise en France.
En quoi ces principes d'égalité dont vous vous réclamez sont-ils nécessaires selon vous ?
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Je sais que les généralités sont dangereuses mais après 25 ans de carrière à des fonctions de managers dans quinze postes différents -public et privé-, j'ai acquis la conviction que c'est dans la complémentarité et la diversité des points de vue que réside la clef. Sans sombrer dans le stéréotype, j'observe qu'une femme n'aborde pas un problème ou un sujet de la même manière. Son niveau d'exigence est plus élevé. J'ai notamment pu constater que chaque fois que je voulais impulser un changement, il fallait que j'explique aux équipes féminines la façon dont il s'inscrivait dans une stratégie d'ensemble. Que je donne du sens, en somme. C'est une préoccupation que l'on retrouve d'ailleurs chez les jeunes générations, tous sexes confondus. Les femmes ont eu un coup d'avance sur cette question.
Nathalie Jourdan