Appels aux secours : les abus risquent de coûter plus cher
Nathalie Jourdan
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En dix ans, le nombre d'interventions des sapeurs-pompiers a augmenté de 17% en France.
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En dix ans, le nombre d'interventions des sapeurs-pompiers a augmenté de 17% en France.
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La destination ne devait rien au hasard. C'est dans une ville encore marquée par le spectaculaire incendie de Lubrizol qu'Antoine Daragon, ministre en charge de la sécurité du quotidien, a choisi de relancer le « Beauvau de la sécurité civile ». Cette grande concertation nationale, initiée en avril dernier par Gérald Darmanin, avait été mise en sommeil après la dissolution de l'assemblée nationale. Elle reprend donc sous l'égide de son successeur avec le même objectif. À savoir, moderniser le modèle français de la sécurité civile mis sous pression par la multiplication et l'intensité des crises de tous ordres : inondations, feux de forêt, canicules, cyberattaques, épidémies...
« Une adaptation profonde est impérative pour faire face aux enjeux liés en particulier au changement climatique, aux évolutions sociétales et au contexte géopolitique », a rappelé Antoine Daragon en introduction face à un parterre nourri de « parties prenantes ». Parmi les sujets éruptifs qui seront soumis à discussion, figure en bonne place celui du surcroît d'activité auquel sont soumis les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), ceux qui reçoivent les appels via le 18, 15, ou le 112 notamment.
En l'espace de dix ans, les sapeurs-pompiers ont, en effet, vu augmenter de 17% leur nombre d'interventions. Soit l'équivalent de « 700.000 sorties supplémentaires », selon les calculs du ministère de l'intérieur.
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Le constat en appelle un autre. Trente ans après la départementalisation des casernes des soldats du feu, on voit mal comment la France échapperait à une révision de leur mode de financement. Pour mémoire, le budget des SDIS est aujourd'hui supporté pour un tiers par les Conseils départementaux, pour un second tiers par les communes (dont la contribution est plafonnée) et pour le dernier par l'État via une taxe spéciale sur les conventions d'assurance. Qu'en sera-t-il demain ? Difficile de le dire à plus forte raison dans le contexte budgétaire actuel.
Nathalie Jourdan