Budget : Bruno Le Maire face aux doutes

Nicolas Prissette
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© LTD / DORIANO STROLOGO POUR LA TRIBUNE DIMANCHE

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Les agences passent, les problèmes demeurent. Fitch et Moody's ont annoncé vendredi soir maintenir leur appréciation sur la dette de la France. Ces instituts qui orientent les investisseurs ont laissé leurs notes financières inchangées. Autrement dit, malgré la lourde et inattendue plongée des comptes publics en 2023, ils considèrent que le pays reste digne de confiance - tout en se montrant sceptiques sur les projections financières de Bercy. Le gouvernement redoutait une dégradation de la note, qui aurait constitué un symbole politique infamant.
Pour autant, Bruno Le Maire n'est pas tiré d'affaire. Le ministre de l'Économie affrontera demain un débat d'orientation budgétaire (sans vote) à l'Assemblée nationale, où les oppositions promettent de faire feu de tout bois. Les analystes financiers de Fitch et Moody's ont certes privé LR et les autres de munitions de choix. Éric Ciotti évoquait un scénario de faillite comme en Grèce. Il n'empêche. La gestion des comptes publics suscite de nombreux doutes.
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Sur l'année en cours, d'abord. L'exécutif demeure discret sur les économies promises d'ici à décembre pour renflouer les caisses, à hauteur de 10 milliards d'euros. Il a renoncé à en passer par la loi, écartant le risque d'une motion de censure soumise aux voix par LR. Ce qui signifie que les coupes ne seront connues qu'a posteriori. De quoi faire grincer des dents, y compris au sein de la majorité, où beaucoup considèrent en outre que la méthode du rabot (toutes les administrations font le même effort) est politiquement inappropriée.
Nicolas Prissette