Ce lundi 23 juin, Medef et CPME se sont affichés ensemble juste avant l'ouverture de la dernière séance de négociation. Les deux présidents, Patrick Martin et Amir Reza Tofighi, ont fait une déclaration à la presse. Comme vous le révélait La Tribune Dimanche, ils font de nouvelles propositions aux syndicats.
Patrick Martin, pour le Medef, et Amir Reza Tofighi pour la CPME sont arrivés, vestes noires et chemises blanches, cet après-midi, avenue de Ségur à Paris, quelques minutes avant le début de la dernière séance de négociation. Les deux responsables patronaux ont soigneusement mis en scène leur entente, tentant de gommer les tiraillements qui ont parcouru le clan patronal pendant ces cinq mois de conclave.
Le patronat lâche du lest
Sur le trottoir, devant la presse, ils ont répondu aux questions des journalistes venus nombreux. Sur les principaux points de crispations de cette négociation, ils sont prêts à faire des concessions. Concessions que vous révélait dès ce week-end, La Tribune Dimanche.
Sur la pénibilité tout d'abord, ils proposent de ne pas toucher aux systèmes concernant les critères existants. Alors qu'il y a encore quelques jours, ils tenaient à revenir en arrière sur la question de la réparation, c'est-à-dire la possibilité de prévoir des départs anticipés pour les travailleurs qui ont exercé des métiers qui les oblige à faire les 3 x 8, ou à travailler la nuit. Aujourd'hui, ils sont prêts à laisser en l'état les choses.
Par ailleurs, ils acceptent d'introduire la prise en compte de trois nouveaux critères dits ergonomiques - comme le port répété de charges lourdes, ou l'exposition aux vibrations mécaniques -, mais dans ce cas, ils tiennent à limiter les possibilités d'ouverture à des départs avant l'âge légal, en mettant un filtre avec une visite médicale obligatoire.
Autre point sur lequel le patronat semble disposé à faire un pas : l'âge de départ de la décote. Medef et CPME ont expliqué être enclins à le ramener à 66 ans et demi en l'indexant à l'espérance de vie.
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En revanche, pas question de céder sur la moindre hausse du coût du travail. Patrick Martin a insisté ce lundi sur l'impérieuse nécessité de préserver la compétitivité des entreprises, comme de ne pas négliger la croissance, tout en ne portant pas atteinte au pouvoir d'achat des salariés. Il l'a justifié en partie au regard de la situation économique et des tensions internationales. De fait, la demande des syndicats d'augmenter les cotisations patronales ou celle de rehausser le forfait social pour financer les aménagements de la réforme ont peu de chances d'aboutir.