Dette : la France sous la menace d'une dégradation de l'agence Fitch
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le ministère des Finances à Bercy.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le ministère des Finances à Bercy.
Reuters
La France va-t-elle échapper à la dégradation de Fitch ? L'agence de notation américaine doit rendre son verdict vendredi soir dans un contexte de réarmement militaire et d'une conjoncture dégradée. En octobre dernier, Fitch avait confirmé la note de AA- en apportant des perspectives négatives.
À l'époque, l'Hexagone n'avait pas de budget et la stratégie de l'ancien Premier ministre Miche Barnier de négocier avec le Rassemblement national (RN) avait précipité sa chute début décembre. Cette fois, la France est enfin dotée d'un budget après un parcours semé d'embûches. Pour autant, le gouvernement de François Bayrou n'est pas sorti d'affaires. Le contexte est très défavorable. « Les taux sur les obligations à long terme ont augmenté en France et dans d'autres pays en zone euro », explique Christopher Dembick, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Compte tenu de son dernier avis en octobre, deux options se présentent à Fitch. La première est de choisir le statut quo par rapport à l'automne. A l'inverse, elle peut décider de dégrader de AA- à A+. Dans son communiqué, l'agence avait expliqué qu'elle pouvait dégrader la note en raison de l'incapacité de l'exécutif à présenter une stratégie d'assainissement de moyen terme ou de perspectives de croissance dégradées et d'une compétitivité affaiblie. En s'appuyant sur ces deux critères, la France a potentiellement « des chances de se faire dégrader », juge Eric Dor économiste et directeur des études à l'IESEG, une école de commerce.
À lire également
En effet, le gouvernement a abaissé la prévision de croissance pour 2025 de 1,1% à 0,9%. Mais il semble que cette projection est jugée « optimiste » par beaucoup d'économistes. Cette semaine, la Banque de France a révisé à la baisse sa projection de croissance du PIB à 0,7% contre 0,9% auparavant. Et l'Insee et l'OCDE pourraient en faire de même dans quelques jours. Quant à l'assainissement budgétaire à moyen terme, le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit de la France à 3% en 2029 au lieu de 2027. Là encore, cette perspective risque d'être repoussée au regard des investissements à venir dans la Défense estimés à plusieurs dizaines de milliards d'euros.« Ces efforts repoussent la stabilisation de la dette à 2030 ou 2031 », confie un ancien directeur de cabinet de ministre à Bercy.