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ÉCONOMIE - La Tribune ToulouseDéveloppement économique - La Tribune Toulouse

LGV : après les propos du PDG de la SNCF, mobilisation à Toulouse

Photo de Paul Périé

Paul Périé

Publié le 17 mars 2017 à 08:57 - Mis à jour le 17 mars 2017 à 15:25

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La LGV Bordeaux-Toulouse s'invite à nouveau dans l'actualité. Après les déclarations du PDG de la SNCF remettant en cause le projet, les élus et les défenseurs du GPSO se mobilisent à Toulouse. La Mairie vient par exemple de lancer une pétition pour défendre l'arrivée du TGV à Toulouse. Où en est-on précisément sur ce dossier ? Explications.

Véritable serpent de mer dans la Ville rose, la LGV Bordeaux-Toulouse, attendue depuis de nombreuses années, a fait son retour dans l'actualité ces derniers jours. Les déclarations du PDG de la SNCF sur France Inter le 14 mars dernier ont en effet relancé les débats. Interrogé sur le chantier Tours-Bordeaux qui va relier la capitale aquitaine à Paris en 2h15, Guillaume Pepy a assuré que ce chantier serait "le dernier pour le moment" concernant la LGV. De quoi remettre en cause l'arrivée du TGV à Toulouse pour 2024 ?

Pas le moins du monde pour Jean-Louis Chauzy, président d'Eurosud Transport et ardent défenseur de la LGV. "Guillaume Pepy n'est pas Premier ministre, ironise-t-il. La SNCF n'est pas un financeur du projet et des décisions ont été prises. Il y a eu une déclaration d'utilité publique de la ligne, suite à l'avis favorable émis par le Conseil d'État." Selon lui, le PDG de la SNCF s'est "un peu trop avancé".

Des élus mobilisés

Malgré tout, ces propos ont suscité l'émoi dans le milieu local et les élus ont décidé de se mobiliser. C'est notamment le cas de la Mairie de Toulouse, qui compte sur l'arrivée du TGV pour booster le futur quartier Toulouse Euro Sud Ouest dont elle vient de présenter cette semaine l'un des éléments phare au Mipim, l'Occitanie Tower. La municipalité a ainsi lancé aujourd'hui une pétition pour "soutenir la réalisation de la ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux avec une mise en service en 2024".

L'objectif affiché est ainsi de créer une mobilisation citoyenne pour faire pression sur les différents acteurs du dossier également interpeler les candidats à l'élection présidentielle.

"Toulouse et sa Métropole, qui enregistrent la plus forte croissance démographique française et détiennent le record de création d'emplois privés, qui séduisent de plus en plus de grandes entreprises et de start-up ne peuvent rester plus longtemps à l'écart du réseau ferroviaire à grande vitesse. Je me bats depuis des années pour soutenir ce projet et défendre les intérêts de notre territoire. (...)J'appelle les habitants à nous rejoindre dans ce combat : il est urgent que les pouvoirs publics et les futurs responsables nationaux qui seront élus au printemps entendent la voix des Toulousains", ainsi déclaré Jean-Luc Moudenc.

"Le Sud ne peut pas être ainsi méprisé"

Du côté de la Région, Carole Delga partage cette détermination. "L'engagement doit être tenu. Je ne lâcherai rien, affirme-t-elle. La LGV doit arriver jusqu'à Toulouse : c'est une question majeure pour l'attractivité de la métropole, des départements concernés, de notre région. C'est aussi une question d'équité territoriale car concernant la LGV en France, nous sommes ici toujours en pleine zone blanche. C'est inacceptable. Le Sud ne peut être ainsi méprisé et, n'en déplaise à Guillaume Pepy, dans cette région et les villes concernées - pas depuis Paris-, nous croyons en l'avenir des territoires."

Selon elle, "le patron de la SNCF ne peut pas parler d'impact positif sur l'emploi, de croissance, d'attractivité de certains territoires reliés à la LGV et dans la phrase d'après, affirmer que la ligne Bordeaux-Toulouse ne se fera pas pour le moment. Un peu de cohérence !"

Guillaume Cros, vice-président du Conseil régional, défend lui aussi l'arrivée du TGV à Toulouse mais son positionnement est différent sur le GPSO. "On entend dire que Toulouse ne peut pas rester en dehors du réseau LGV européen. Mais elle peut y être sans le GPSO." S'il reconnaît qu'il y a "évidemment une responsabilité de faire arriver rapidement le TGV à Toulouse", il propose une solution alternative pour "ne pas attendre 20 ans". "Selon nous, la meilleure solution est l'aménagement de l'existant, sinon on ne tiendra pas l'existant. Pourquoi ne pas étudier cette proposition financièrement ?"

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Le président du Ceser Occitanie reste lui convaincu que le GPSO est l'unique solution viable. Et, même s'il affirme qu'il ne reste aujourd'hui à régler que la question du montage financier, l'argument financier n'a pour lui "aucun sens" pour s'opposer au projet. "Quand on a fait le TGV jusqu'à Strasbourg uniquement pour sauver le Parlement européen, on ne s'est pas posé la question du prix. Il n'y a que les écologistes qui y sont opposés. Il n'y a pas d'alternative, sinon de ne rien faire", assure Jean-Louis Chauzy.

Privilégier Montpellier-Barcelone ?

Bien au contraire, Guillaume Cros estime que, sans même parler des aspects environnementaux, "si l'on s'en tient uniquement à la bonne gestion des fonds publics, on voit que le financement de la LGV est très compliqué. Le montage financier en public-privé est très difficile à mettre en place." Il ressent par ailleurs moins d'enthousiasme du côté du président de la Région Nouvelle Aquitaine qu'il assure "avoir connu plus virulent" sur le sujet.  Il rappelle par ailleurs un accord de mandat entre le PS et les écologistes en Nouvelle Aquitaine autour du non-financement de la LGV.

Il est selon lui essentiel de préserver les trains du quotidien, qui sont aussi une priorité de Carole Delga. Et, s'il défend un projet de LGV, c'est celui reliant Montpellier à Barcelone. "Elle est totalement justifié car le réseau est saturé, qu'il y a beaucoup de fret et une nécessité de mettre les camions sur les trains."

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  • LGV Bordeaux-Toulouse : avis positif du Conseil d'État, mais toujours pas de financement

Un débat qui se poursuivra lors de la dernière table ronde du Sommet Économique Occitanie Nouvelle Aquitaine qui se tiendra le 23 mars prochain à Toulouse. Pour vous inscrire, c'est ici.

Paul Périé

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