LGV Bordeaux-Toulouse : encore un long chemin à parcourir avant le début des travaux

Florine Galéron

Florine Galéron
Le projet de ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux a franchi une étape importante le 5 juin dernier avec la publication du décret de déclaration d'utilité publique de la ligne, suite à l'avis favorable émis par le Conseil d'État.
Pour rappel, la LGV doit relier Toulouse et Bordeaux en 1h05 et ramènerait Toulouse à 3h15 de Paris, contre plus de cinq heures actuellement. Le projet nécessite 9,2 milliards d'euros d'investissement (en comptant l'aménagement des gares de Bordeaux et Toulouse). Les travaux doivent commencer en 2017 pour une mise en service à l'horizon 2024.
Mais ce calendrier pourra-t-il être tenu ? À sept mois de la date prévue du lancement des travaux, il reste encore de nombreuses étapes à franchir pour la réalisation du projet.
À notre demande, SNCF Réseau a détaillé les étapes techniques restantes avant de pouvoir lancer les travaux :
Le planning s'annonce donc serré pour accomplir l'ensemble de ces étapes en l'espace de quelques mois. D'autant que le collectif d'opposants au projet, Coordination Vigilance LGV Gironde, a annoncé il y a quelques semaines avoir acheté des parcelles sur le tracé de la LGV pour empêcher les acquisitions foncières et retarder le début des travaux :
Mais le principal frein au début des travaux reste le montage financier, inexistant à ce jour. À l'origine du projet en 2008, 58 collectivités locales ont donné leur accord de principe. Le deal était clair : les collectivités de Midi-Pyrénées s'engageaient à financer la première tranche de travaux, soit la construction de la ligne entre Tours et Bordeaux, en contrepartie du prolongement de la LGV jusqu'à Toulouse.
Mais, dès 2012, le Lot-et-Garonne et le Gers ont annoncé se retirer du projet pour des raisons budgétaires. Sur les 35 collectivités qui ont accepté de financer le tronçon Tours-Bordeaux, seule une dizaine est à jour dans les versements. Les autres ont préféré geler leur participation au projet. C'est le cas notamment du Conseil départemental de Haute-Garonne, qui devait verser 500 millions d'euros.
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Ce mercredi 22 juin, le secrétaire d'État en charge des transports Alain Vidalies va recevoir l'association de promotion du projet, EuroSud Transport, ainsi que les principales collectivités engagées pour le financement (les vices-présidents des régions Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc notamment) pour évoquer la suite du processus.
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Le 31 mars dernier à l'occasion d'un colloque organisé sur le sujet, plusieurs pistes ont été mises en avant par les acteurs économiques locaux pour financer le projet : s'appuyer d'une part sur des emprunts de long terme (40 ans à minima) auprès d'organismes tels que la Caisse des dépôts et solliciter d'autre part des fonds européens.
Florine Galéron