Réchauffement climatique : les Pyrénées perdraient un mois d'enneigement d'ici 2050

Florine Galéron

Florine Galéron
Y aura-t-il encore de la neige à Noël dans les Pyrénées au cours des décennies à venir ? La question n'est pas si absurde qu'il y paraît. Un rapport réalisé par l'Observatoire pyrénéen du changement climatique côté français et espagnol montre à quel point la vie en montagne sera affectée par la hausse des températures.
En 2050, le réchauffement sera encore plus important :
D'ici la fin du siècle, l'amplitude des changements varie fortement suivant l'intensité du dérèglement climatique. Le scénario le plus pessimiste prévoit une hausse des maximales entre 4 et 7°C , elle varierait entre 2 et 4°C dans le cas le plus optimiste.
Par conséquent, ce réchauffement va induire une forte baisse de l'enneigement.
Les auteurs de l'étude font remarquer que les stations de ski sont déjà impactées par une réduction du manteau neigeux.
Durant l'hiver 2015, la station de Luchon-Superbagnères avait ainsi dû attendre la mi-janvier pour ouvrir les pistes de ski. "C'était la première fois qu'on ouvrait aussi tard. Notre chiffre d'affaires a chuté de 26 % (passant de 4,3 à 3,5 millions d'euros d'un hiver à l'autre). La fréquentation a elle aussi chuté de 23 % avec 160 000 journées de ski (contre 220 000 habituellement)", expliquait alors Patrice Gaut, le responsable de la station.
Pour autant, le rapport fait remarquer que "la hausse des températures hivernales affectera également la capacité à produire de la neige artificielle de manière efficace, conduisant d'une part à l'augmentation des coûts pour sa production et, d'autre part, à la diminution du nombre de jours aptes à la production artificielle de neige".
La carte ci-dessous met en lumière l'impact du changement climatique sur l'activité des stations de ski des Pyrénées. En bleu, les stations qui devraient maintenir leur capacité à fonctionner, en jaune les stations qui pourront maintenir leur capacité à fonctionner à condition de produire de la neige artificielle et en rouge les stations qui devraient avoir des difficultés à fonctionner d'ici quelques années même en produisant de la neige artificielle comme mesure d'adaptation.
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(Crédit: Observatoire pyrénéen du changement climatique).
Autre conséquence annoncée du dérèglement du climat, les événements climatiques extrêmes, comme les inondations, deviendront plus fréquents, plus intenses et causeront plus de dégâts.
Le seul avantage que pourraient tirer les Pyrénées de la hausse des températures est un regain d'attrait en dehors de la période hivernale.
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Les stations de ski ont déjà pris la mesure de ce bouleversement. Depuis quelques années, elles se diversifient en proposant des alternatives au ski l'hiver et des activités pour devenir des stations "quatre saisons". En Haute-Garonne, le Conseil départemental a repris le contrôle des stations de Luchon Superbagnères, Bourg d'Oueil, Le Mourtis et Peyragudes. En parallèle, un office de tourisme unique pour le pays de Luchon, Saint Béat et le Comminges a été lancé. Objectif : unir ses forces pour mieux faire connaître l'offre touristique de montagne en Haute-Garonne. L'autre enjeu est de développer une fréquentation des Pyrénées tout au long de l'année pour permettre aux stations d'être moins dépendantes des cumuls de neige.
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