Hubworkair aide Airbus à reclasser les salariés de l'aéronautique
Florine Galéron
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En l'espace d'un an, la filière aérospatiale a perdu près de 9.000 salariés en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine.
Rémi Benoit
Chasseur de tête spécialisé dans l'aéronautique, Hubworkair réutilise son savoir-faire en matière d'intelligence artificielle pour s'atteler au reclassement des salariés de la filière. Airbus teste actuellement sa solution dans le bassin d'emploi de Méaulte dans la Somme, très impacté par la crise.
En l'espace d'un an, la filière aérospatiale a perdu près de 9.000 salariés en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine d'après l'Insee, dont pratiquement 5.000 emplois en moins rien qu'en Haute-Garonne, patrie d'Airbus. Dans la Somme aussi les annonces de suppressions de postes se sont succédé chez Stelia et ses sous-traitants à l'image d'AAA. Des milliers de salariés qui ont parfois passé toute leur carrière à un même poste dans l'aéronautique doivent penser reconversion.
À l'origine voué à aider les sociétés aéronautiques à recruter sur des métiers en tension avec la montée des cadences, Hubworkair a pivoté son activité pour apporter une solution au reclassement des salariés de la filière. Fondée en 2016, la plateforme en ligne a la particularité de s'appuyer sur des algorithmes d'intelligence artificielle pour faire "matcher" les compétences des demandeurs d'emploi et les besoins des sociétés aéronautiques.
"Nous avons voulu dépoussiérer les méthodes de recrutement dans le secteur aéronautique, où les embauches fonctionnaient beaucoup sur le bouche-à-oreilles, sur un réseau de numéros de téléphone. L'idée était d'allier la puissance de l'informatique pour l'appliquer au fort besoin de recrutement qu'il y avait alors dans les compagnies aériennes, les sociétés de maintenance (MRO). Nous avons identifié plus de 500 métiers et un peu plus de 1.300 compétences spécialisées aéronautique à partir d'un système d'analyse sémantique des profils des candidats. L'algorithme détermine ensuite les profils les plus pertinents à proposer aux recruteurs, décrit Romain Rochet, cofondateur d'Hubworkair, et ancien diplômé de l'Ensica (devenue aujourd'hui Isae-Supaéro).
Son associé Yoann Huang ajoute :
"Avant la crise, une belle histoire était en train de s'écrire. Nous avions trouvé notre marché avec une centaine de clients récurrents, autant parmi les compagnies aériennes, les industriels et les services. Nous avons travaillé par exemple pour la compagnie Transavia, l'entreprise de maintenance aéronautique Sabena Technics ou le groupe Satys. Une centaine de recrutements ont été réalisés par notre plateforme en 2019."
Une carte pour identifier les offres d'emploi à proximité
Alors que les recrutements sont en berne, Hubworkair réutilise son savoir-faire en matière d'intelligence artificielle pour faciliter la mobilité des salariés vers d'autres postes.
"Le salarié commence par remplir un bilan professionnel. À partir de cinq critères (les compétences techniques, l'employabilité actuelle, la rémunération, lalocalisation et le niveau de formation), l'algorithme va définir un score d'employabilité et sortir une liste de tous les métiers accessibles. Le site va aussi afficher sur une carte les offres d'emploi disponibles dans un rayon de 30 km autour du domicile du salarié. Cela constitue donc une première base de réflexion sur ce parcours de reconversion qui est ensuite discuté avec le consultant en reclassement ou les profils RH en interne à l'entreprise", détaille Romain Rochet.