Le fruit emblématique de l’île non commercialisé à cause de ses imperfections est transformé en soda sous le nom de « La Corsica » par l’Atelier Corse Fruits et Légumes qui développe d’autres projets en fédérant plus d’une centaine de producteurs situés à proximité, en Plaine orientale.Unique clémentine française, la clémentine IGP de Corse se démarque des autres clémentines venant des régions méditerranéennes par son écorce fine et lisse, ses feuilles vertes et brillantes, sa haute teneur en fibres, en oligoéléments et en vitamines et ses quartiers juteux sans le moindre petit pépin. Mais sur les quelque 34 000 tonnes produites par an, une petite partie - 10 % environ - n'entre pas dans les canons esthétiques de la commercialisation.
Ces clémentines abandonnées par la grande distribution et ses congénères d'infortune, pomelos, oranges et citrons, ne sont plus jetées comme avant, mais transformées. Créé sur la commune de Linguizzetta sur la Plaine orientale de l'île, là où se concentre l'essentiel des exploitations agrumicoles, l'Atelier Corse Fruits et Légumes les récupère pour fabriquer des jus mais pas seulement : des fruits séchés ou surgelés (écorces, lanières, zestes ou poudres) pour la pâtisserie ainsi que des huiles et des essences pour les filières cosmétique et pharmaceutique.
L'entreprise compte à ce jour dans sa clientèle continentale plus d'une centaine d'industriels et autant de commerçants et d'artisans qui lui achètent des seaux de 10 kilos ou des fûts de 185 kilos.
Authenticité, positivité, identité
L'usine de fabrication, en partie financée par la Collectivité de Corse, a été voulue comme une structure éco-conçue avec un dispositif de récupération de l'eau de pluie et une installation photovoltaïque qui rend le site quasiment autonome sur le plan énergétique. Mais, évidemment, le pari est dans la réussite commerciale dans un secteur hautement concurrentiel : « Sur une île comme la nôtre, nous avons de petites structures, de petits artisans, de petits volumes et sans un niveau suffisant de production, il est impossible d'être compétitif avec un prix de marché accessible au consommateur. Pour nous, le premier défi a donc consisté à fédérer autour de l'outil industriel 104 producteurs qui travaillent sur une superficie globale de plus de 1 000 hectares. »