En Corse, la gestion de la source de l'eau d'Orezza fait débat
Jean-Marc Rafaelli
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Si on demandait aux Corses de citer une seule marque industrielle de leur terroir, c'est celle d'Orezza qui jaillirait à l'esprit comme l'eau minérale éponyme qui prend sa source en Castagniccia, la région dont les villages de lauze, les forêts de châtaigniers et les traditions séculaires sont emblématiques de la Corse profonde. L'eau gazeuse d'Orezza a gagné en notoriété depuis 25 ans, époque où elle a été remise en bouteille après des années d'abandon : on la trouve sur les tables étoilées, dans les buvettes parlementaires et elle s'est hissée au rang de fournisseur officiel de l'AS Monaco et du tournoi international de tennis de la Principauté. Elle symbolise en même temps la renaissance de la vie économique et sociale au cœur de la ruralité insulaire, en l'occurrence la partie qui a le plus souffert de la désertification.
Depuis la reprise de ses activités, l'entreprise SNEEMO (Société Nouvelle d'Exploitation des Eaux Minérales d'Orezza) privilégie l'emploi local et est pleinement engagée dans la vie associative de la microrégion.
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Or, le contrat de gérance détenu par Marie-Laurence Mora, qui a succédé à son défunt époux, François-Xavier Mora, ancien président de la prestigieuse Maison Marne et Champagne et originaire du village de la source, arrive à expiration le 23 février 2025 et la Collectivité de Corse, propriétaire du site, veut en reprendre la maîtrise via un actionnariat majoritaire sous la forme juridique d'une SCIC, une société coopérative d'intérêt collectif, dont elle détiendrait 50% des droits de vote. Une perspective qui met, entre la gérante et le président de l'Exécutif de Corse, Gilles Simeoni, de l'eau dans le gaz...
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