Avec la dissolution de l'Assemblée nationale, c'est le processus d'autonomie de la Corse qui est, lui aussi, remis en question (Emmanuel Macron en visite à Ajaccio, en Corse, en septembre 2023).
Le Rassemblement national a effectué une percée historique dans l’île au premier tour des élections législatives anticipées. Elle compromet sérieusement la réélection des députés nationalistes, ainsi que le processus d’autonomie, qui pourrait bien avoir du plomb dans l’aile.
La Corse s'est réveillée lundi matin avec la gueule de bois. Le verdict des urnes est aussi sidérant qu'inédit. Le RN y réalise une poussée sans précédent dans les villes et en milieu rural. Et ce, à travers des candidats qui, pour la plupart, étaient inconnus au bataillon. À une exception près, les députés sortants, dont trois nationalistes affiliés au groupe Liot (Libertés, Indépendants, Outre-mer, et Territoires) sont en nette difficulté.
Pour la majorité territoriale, c'est la double peine : le « raz-de-marée » bleu marine qui a déferlé sur toute la France a traversé la Méditerranée, submergeant tout sur son passage. Résultat, la perspective d'un statut d'autonomie est engloutie avec. De fait, Jordan Bardella a clairement manifesté, bien avant cette campagne électorale éclair, son hostilité à l'égard d'un processus d'émancipation institutionnelle, qu'il considérait comme une rampe de lancement pour la revendication d'indépendance.
Le RN en pole position dans deux circonscriptions
La première circonscription de Corse-du-Sud reflète le cataclysme provoqué par le RN : Laurent Marcangeli, ancien maire d'Ajaccio, président sortant du groupe Horizons à l'Assemblée nationale, y est devancé par Ariane Quarena, une mère de famille retraitée avenante, mais déconnectée des enjeux du territoire.
L'écart n'est que de 160 suffrages et Laurent Marcangeli a les meilleures chances de victoire. Sa deuxième place constitue toutefois un revers, deux ans à peine après son élection au premier tour avec 54% des voix, et l'élimination du candidat de Femu A Corsica, le parti au pouvoir à l'Assemblée de Corse. Elle transforme également le paysage électoral d'une circonscription de tradition libérale et bonapartiste.
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Dans la deuxième circonscription de Corse-du-Sud, dont Porto-Vecchio est l'épicentre, le candidat RN François Filoni, ancien syndicaliste CGT, devance très largement Paul-André Colombani, le député nationaliste sortant. Celui-ci devra batailler dur pour combler son retard de dix points.