« En France, la revalorisation de l’excellence est fondamentale » (Nicolas Bouzou)
Laurence Bottero
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Nicolas Bouzou
Jacques Witt-Sipa.
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Nicolas Bouzou
Jacques Witt-Sipa.
LA TRIBUNE - Le titre de votre dernier ouvrage pointe « la France de l'à-peu près ». La France est-elle partisane du moindre effort ?
NICOLAS BOUZOU - Il n'est pas question de généraliser autant. Certains indicateurs montrent que la France est l'un des pays de l'OCDE où l'on travaille le plus. Non, la France n'est pas atteinte d'une épidémie de paresse. Le principal problème est le déclin de l'idée du travail bien fait. Cela s'est vu dans le taux de désengagement que l'on a appelé la grande démission. Ce phénomène est néanmoins désormais relativisé. Il est davantage question de rotation que de démission. Il existe également une part de responsabilité des entreprises. Le confinement a contribué à modifier le regard sur le travail, induisant une prise du recul et une demande accrue d'autonomie, de sens...
La recherche de souveraineté - numérique, industrielle, alimentaire - est-elle une utopie ?
En matière de réindustrialisation, nous avons une obligation sur le papier. La réindustrialisation bouleverse les chaînes logistiques, réduit la mondialisation. Mais si nous voulons réindustrialiser, il faut accepter les usines. Or, une partie de la population souhaite une réelle réindustrialisation, mais pas d'usines. Nous sommes ainsi mis face à nos contradictions.
Le pays, le monde font face à une crise. Pourtant, on n'a jamais autant parlé de taxation des superprofits. Est-ce vraiment le coeur du problème ?
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Il existe une montée du ressentiment dans notre pays. La NUPES instrumentalise une politique sur cela. Or, cela n'a rien à voir avec les problématiques qui se posent à la France en matière d'investissement, d'énergie décarbonée, d'éducation...C'est une mauvaise passion. Cela relève de la perte de la valorisation de l'excellence. C'est ce qui fait que l'on vilipende les patrons de grandes entreprises. Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH, est très critiqué en France, notamment pour être l'homme le plus riche du monde. Mais LVMH est un groupe constitué de plusieurs entreprises qui emploient des centaines de milliers de salariés.
Laurence Bottero
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