Comment Engie Green ambitionne de renforcer son leadership sur les énergies renouvelables

L'équipe d'Engie Green à Montpellier, le 15 mai 2018 (Jean-Claude Perdigues au milieu)
Cécile CHAIGNEAU

L'équipe d'Engie Green à Montpellier, le 15 mai 2018 (Jean-Claude Perdigues au milieu)
Cécile CHAIGNEAU
En décembre 2017, le groupe Engie* avait annoncé la fusion entre deux de ses filiales spécialisées dans les énergies renouvelables, Engie Green (basée à Paris, déjà le fruit d'une fusion entre Futures Énergies et Maïa Eolis en décembre 2016), La Compagnie du Vent (créée en 1989 à Montpellier par Jean-Michel Germa) et Solairedirect.
La nouvelle entité a fixé son siège social à Montpellier, et le 1e avril dernier, Jean-Claude Perdigues a pris ses fonctions de directeur général de Engie Green. Il officialisait son arrivée avec une première prise de parole le 15 mai, à l'occasion d'une conférence de presse donnée à Montpellier.
Le groupe affiche de fortes ambitions de développement sur les énergies renouvelables et Jean-Claude Perdigues martèle vouloir « consolider la position de leader d'Engie » dans le secteur.
Actuellement, le groupe annonce 6,5 MW de capacités renouvelables installées en France : 1 800 MW en éolien, 900 MWc en solaire, 3 800 MW en hydraulique, et deux projets d'éolien en mer (Dieppe et le Tréport, îles d'Yeu et de Noirmoutier). Soit « une puissance installée et exploitée représentant 15 % de l'éolien terrestre français et 12 % du PV français en 2017 », précise Jean-Claude Perdigues.
Engie Green est désormais la principale force de frappe du groupe sur les énergies renouvelables, avec 1 333 MW éoliens installés et exploités (91 parcs et 701 éoliennes), 86,6 MW exploités pour le comptes de tiers (9 parcs et 46 éoliennes), 862 MW solaires installés et exploités (101 centrales), 3 000 MW en développement. La région Occitanie concentre à elle seule 105 MW installés sur 8 parcs éoliens, 80 MW installés sur 12 centrales solaires et Engie Green y revendique quelque 2,2 M€ de ressources fiscales reversées aux collectivités locales chaque année.
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La filiale ENR compte 16 agences en France. Elle emploie 400 collaborateurs, dont la moitié en Occitanie (la majeure partie à Montpellier).
Le groupe prétend consolider son leadership en multipliant par 4 ses capacités dans le photovoltaïque (atteindre les 2,2 GW) et par 2 dans l'éolien (atteindre les 3 GW) d'ici 2021 en France. Une accélération qui devrait se traduire par une augmentation moyenne de 245 MW par an dans l'éolien et de 260 MW par an dans le solaire, à raison de « 1 M€ d'investissement pour chaque MW installé », précise le DG.
Comment accentuer l'acceptabilité des projets ?
Ainsi, en région Occitanie, 74 MW sont actuellement en instruction, 150 MW en cours d'études, 37 MW éoliens et solaires seront mis en services 2018 (9,2 MW sur le parc éolien de Cabanas à côté de Lodève (34) ; 5, 11 et 12 MWc de photovoltaïque à Tréviols près de Lodève, Saint-Gilles (30) et Conques-sur-Orbiel (11).
C'est aussi en Occitanie, où les premiers parcs éoliens ont été construits dans les années 1990, que des sites vont arriver en fin de vie. Quatre parcs éoliens audois pourraient ainsi faire l'objet de « repowering » (modernisation de l'installation pour accroître son rendement).
En matière d'innovation, Engie Green annonce un investissement de 1 M€ par an. Philippe Alexandre, directeur Expertise, Études et Innovation, met en avant deux projets en Occitanie.
Le projet Rivesaltes Grid prévoit de réaliser un micro-réseau couplant solaire, bâtiment (un atelier), véhicule électrique et système de stockage par batteries autonomes. Le projet sera mené à son terme d'ici la fin de l'année.
Enfin, Engie Green ne sera pas de reste sur l'éolien flottant, puisque le projet "Les éoliennes flottantes du golfe du Lion" (une ferme-pilote de 24 MW au large de Leucate dans l'Aude), porté par le consortium Engie/EDPR/CDC, a été retenu en 2016.
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Interrogé sur d'éventuelles opérations de croissance externe, Jean-Claude Perdigues conclut : « Le marché de l'énergie est très éclaté. Si des opportunités se présentent, nous ne nous interdirons pas de les étudier. Mais aujourd'hui, notre ambition n° 1 est une croissance organique ».
* 153 000 collaborateurs, des activités dans 70 pays, 66,6 Mds de chiffre d'affaires, 1 Mds € d'investissement dans l'innovation et le digital.
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