Le secteur minier ferait-il à nouveau rêver ? Pour réduire ses importations de métaux stratégiques, la France, dont le sous-sol est particulièrement riche en ressources minérales, veut relancer l'exploitation minière. Mine de lithium dans l'Allier ou en Bretagne, mine de tungstène (minerai convoité pour l'aéronautique et la défense) à l'étude en Ariège... Les demandes de permis d'exploration se multiplient. Mais leur impact environnemental inquiète les populations locales : risques de contamination des milieux, bouleversements des grands équilibres écologiques, pollution de l'air, de l'eau ou du sol, sont autant de problématiques pour lesquelles les agences de l'Etat n'ont pas toujours les réponses.
Dans la vallée de l'Orbiel (Aude), qui a accueilli la plus grande mine d'or d'Europe, la question de la pollution liée à cette activité est prise très au sérieux. Lancé en juin dernier, l'Institut écocitoyen en santé environnementale de l'Aude (IECSEA), déclinaison du modèle de Fos-sur-Mer créé en 2010, vise à répondre aux questions des Audois.
Situées au nord de Carcassonne, les mines de Salsigne ont, pendant plus d'un siècle, produit 120 tonnes d'or, 270 tonnes d'argent et 400 tonnes de cuivre. Or quand on extrait une tonne de minerai, on obtient aussi de l'arsenic, et ce dernier n'étant plus rentable, il a été abandonné sur place avec d'autres métaux lourds. Le site audois fut ainsi le premier producteur mondial de ces déchets toxiques, soit 22 millions de tonnes au moment où la mine a fermé en 2004. Et les confinements garantis par l'État pendant cinquante ans n'ont duré que quinze ans. Suite aux inondations catastrophiques de 2018, des analyses menées dans une cour d'école ont révélé que le taux d'arsenic y était 40 à 100 fois supérieur à la norme...