Le dossier de la pollution de la vallée de la chimie aux « polluants éternels » connaît un nouveau rebondissement ce vendredi : désormais, la Préfecture du Rhône annonce bientôt publier deux nouveaux arrêtés restrictifs à l'attention de l'usine Arkema de Pierre-Bénite, accusée de pollution de l'environnement à travers ses rejets passés et présents de PFAS dans le Rhône.
Pour rappel, ces molécules chimiques fluorées, particulièrement imperméables et résistantes à la chaleur, sont utilisées dans la fabrication des revêtements antiadhésifs : ustensiles de cuisine (poêles), certains textiles (comme les combinaisons anti-inflammables), cosmétiques, farts etc. Aujourd'hui estimées entre 5.000 et 18.000 dans le monde, ces substances se divisent en plusieurs sous-familles, dont le niveau de connaissance sur les comportements et les risques n'est pas homogène.
Les PFAS dits « monomères », à l'instar du PFOA (interdit dans l'UE en 2009), sont les plus dangereux (cancérogènes, perturbateurs endocriniens). Tandis qu'il n'existe pour l'heure pas de consensus scientifique autour des PFAS dits « polymères », encore produits et utilisés aujourd'hui.
C'est notamment le cas à Pierre-Bénite (Rhône), au sud de Lyon, où le chimiste Arkema rejette encore aujourd'hui un PFAS dans le Rhône : le « 6:2 FTS ». En septembre 2022, après les révélations de plusieurs enquêtes journalistiques sur la contamination aux PFAS autour de la « vallée de la chimie », la Préfecture du Rhône a publié un arrêté préfectoral établissant pour la première fois la restriction progressive des rejets de perfluorés depuis l'usine d'Arkema (le premier site en France concerné par ce type de mesures) : - 65 % en mars 2023, puis - 73 % en décembre 2023 et - 80 % en septembre 2024. Mais aussi une échéance : l'interdiction totale de rejets aqueux de PFAS par Arkema au 31 décembre 2024.