Les fonds marins absorbent 90 % des excédents de chaleur et un quart du CO2 émis par la terre, produisent 50 % de nos besoins en oxygène. Ils sont ainsi une pièce maîtresse de la régulation climatique de la planète... Véritable laboratoire à ciel ouvert d'un volume de 3,8 millions de km3, la Méditerranée est une goutte d'eau dans les 1,4 milliard de km3 des océans de la planète.
La grande bleue n'en reste pas moins une zone hautement stratégique, notamment en raison du changement climatique qui s'y joue en accéléré, de sa démographie qui continue de croître ou des activités qui s'y développent, chaque paramètre ayant des impacts forts sur son environnement (artificialisation des côtes, pollution galopante, vagues de chaleur marine entraînant une acidification des océans, perte de biodiversité, élévation du niveau de la mer, etc.).
Évaluer et étudier ces impacts, c'est précisément le travail que mène le Plan Bleu depuis 40 ans, décryptant chaque changement écologique, environnemental, social, culturel ou économique sur cette mer cernée de 22 pays cumulant une population de plus de 500 millions d'habitants. A l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur les Océans (UNOC) qui se tient à Nice du 9 au 13 juin, le Plan Bleu présentera ses dernières observations sur l'évolution des écosystèmes marins face à l'activité humaine dans un rapport intitulé « La Méditerranée à l'horizon 2050 » (MED 2050).
«Le Plan Bleutravaille dans le cadre de la Convention de Barcelone (voir encadré) comme appui aux États riverains de la Méditerranée pour les aider à respecter cette convention et à avancer sur la voie d'un développement plus durable pour la mer, le littoral, les terres,rappelle Guillaume Sainteny, président du Plan Bleu, àLa Tribune.La dimension prospective a toujours fait partie des axes de travail du Plan Bleu et MED 2050 est le 3e exercice de prospective réalisé, après ceux de 1989 et 2005... Il s'agit d'un mélange de projections, de prévisions et de scénarios.»