Dans un discours très offensif, le patron du Medef s’est livré à un véritable procès en déconnexion de la classe politique, incapable, selon lui, de dépasser les clivages partisans dans l’intérêt du pays.
Tel un joueur s'apprêtant à disputer un match de tennis, Patrick Martin, le patron du Medef, a fait son apparition, ce mardi, en début d'après-midi, sur le court Philippe-Chartrier, à Roland-Garros (Paris), pour l'ouverture de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF 2025). Le tout, sur un air musical qui a de suite donné le ton : The Final Countdown (le compte à rebours final).
La prise de parole du « patron des patrons » était particulièrement attendue trois jours après la surprise provoquée par le Premier ministre, François Bayrou, de solliciter la confiance du Parlement, le 8 septembre. Loin de blâmer le locataire de Matignon pour sa manœuvre politique hasardeuse, Patrick Martin a salué le fait qu'« un début de prise de conscience collective [se soit] amorcé sur la rudesse de la compétition mondiale, ou encore sur l'état si critique de nos finances publiques ». Et d'ajouter : « Le Premier ministre s'y emploie avec gravité et il a raison ! »
Mais cet aimable message au Béarnais, qui sera présent ce jeudi devant le patronat, a vite laissé place à des coups de raquette bien plus appuyés. Car depuis lundi soir, Patrick Martin est en réalité effaré par la classe politique. Il a compris que, sauf coup de théâtre, François Bayrou ne pourrait pas se maintenir à son poste. Le Rassemblement national (RN), La France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS), le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) ayant d'ores et déjà indiqué qu'ils voteraient contre la confiance au gouvernement.
« Les décideurs politiques doivent dépasser leurs rivalités partisanes. Cela n'en prend pas le chemin, j'en suis consterné », a-t-il martelé depuis le court central. Avant de constater que l'Hexagone « s'enferme dans ses passions tristes, si stériles, si destructrices » et que « tous nos politiques ne sont hélas pas suffisamment conscients » que le monde change très vite.
« En France, on ne sait pas se parler alors que la crise financière est là. La classe politique doit se mettre autour de la table », abonde de son côté Franck Leroy, président de la région Grand-Est rencontré à la REF.
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