Sa position est pour le moins inconfortable. Marie Barsacq a été, tout au long du chemin emprunté par Paris 2024, celle qui devait dessiner son héritage. Aujourd'hui ministre des Sports, elle ne cesse d'entendre qu'il est raturé, dans une rare unanimité de l'écosystème.
Vendredi, juste avant de rencontrer Kirsty Coventry, nouvelle présidente du Comité international olympique (CIO), elle a reçu La Tribune Dimanche. Pas seulement pour parler des mauvaises nouvelles.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Amélie Oudéa-Castera, votre prédécesseure désormais à la tête du Comité national olympique et sportif français, a évoqué le 20 juillet dans ce journal une « trahison de l'héritage » à propos des coupes drastiques prévues dans le budget des Sports 2026. Comment le prenez-vous ?
MARIE BARSACQ — Je trouve que ce sont des mots très durs. Parce que l'héritage, en réalité, il est déjà présent. Je pense notamment à l'engouement des Français pour la pratique du sport, illustré par les forts taux de licenciés dans les clubs à la rentrée. Les programmes qui avaient été initiés, comme les trente minutes d'activité physique quotidienne à l'école, ou le déploiement des savoirs fondamentaux — rouler, nager —, sont maintenus. On continue aussi de progresser sur les clubs inclusifs, pour accueillir les personnes en situation de handicap, 2. 700 aujourd'hui avec un objectif de 4. 000 en 2027. Et puis il y a le volet des équipements sportifs construits partout sur le territoire, comme les bassins en Seine-Saint-Denis.