Accor se désengage des hôtels F1 : une page se tourne dans l'hôtellerie
latribune.fr

Créée dans les années 1980, la marque HôtelF1 a longtemps été une référence de l'hôtellerie bon marché. (Photo d'illustration)
AFP
latribune.fr

Créée dans les années 1980, la marque HôtelF1 a longtemps été une référence de l'hôtellerie bon marché. (Photo d'illustration)
AFP
[Article publié le jeudi 13 février 2025 à 10h07 et mis à jour à 12h40] Le groupe hôtelier français Accor est sur le point de céder sa marque emblématique HôtelF1, autrefois Formule 1, ainsi que les murs des établissements encore détenus en partie par AccorInvest (dont Accor détient une participation minoritaire de 30%). C'est ce que dévoile une information révélée hier par Les Echos. Le fonds d'investissement américain Fortress semble en passe de conclure l'acquisition, avec une transaction estimée à plus de 200 millions d'euros. Ce désengagement marque une étape importante dans la stratégie du groupe, qui cherche à se recentrer sur les segments moyen et haut de gamme.
AccorInvest, autrefois pôle immobilier du groupe, a été touché par la crise du Covid-19 et a engagé une restructuration en 2021 avant de se redresser. Il cherche désormais à élaguer les actifs non stratégiques.
Créée dans les années 1980, la marque HôtelF1 a longtemps été une référence de l'hôtellerie bon marché, avec des établissements situés en périphérie des villes et proposant des tarifs très accessibles. Cependant, la chaîne a été concurrencée par d'autres acteurs comme Première Classe (Louvre Hotels), qui domine désormais le segment économique avec 45 % de parts de marché, contre 27 % pour F1.
Les hôtels F1 souffrent également d'un vieillissement des infrastructures et d'un modèle devenant obsolète. Le concept des sanitaires partagés, autrefois emblématique, est de moins en moins plébiscité par les voyageurs, obligeant de nombreux établissements à engager des rénovations coûteuses pour intégrer des salles de bains privatives.
Mais la demande pour l'hôtellerie économique pourrait paradoxalement être relancée par les tensions sur le pouvoir d'achat. L'inflation et la hausse des coûts de l'hébergement touristique poussent une partie de la clientèle à rechercher des alternatives abordables. Fortress pourrait donc chercher à repositionner la marque en rénovant une partie du parc, tout en maintenant une politique tarifaire attractive.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Si l'accord est finalisé, il marquera la fin d'une époque pour Accor, qui se débarrasse ainsi d'une enseigne historique au profit d'une montée en gamme de son portefeuille. Le fonds Fortress, quant à lui, devra relever le défi de redonner un second souffle à ces établissements, en adaptant l'offre aux nouvelles attentes des voyageurs.
Malgré la cession des hôtels F1, le marché français de l'investissement hôtelier reste attractif. En 2024, les transactions ont atteint 1,5 milliard d'euros au premier semestre, enregistrant une baisse de 16 % par rapport à l'année précédente, mais confirmant l'attrait des investisseurs pour le secteur.
À lire également
Paris reste au centre de cette dynamique avec plusieurs ventes d'hôtels emblématiques, comme le Pullman Paris Tour Eiffel et le Hilton Paris Opéra. Les investisseurs recherchent avant tout des actifs haut de gamme ou à fort potentiel de valorisation, notamment ceux disposant de certifications ESG, qui garantissent des rendements stables.
(Avec AFP)
latribune.fr