LA TRIBUNE - Il y a cinq ans, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, diffusait un premier message d'alerte aux autorités régionales de santé (ARS) pour les prévenir que les personnes arrivant de Chine avec des symptômes ne doivent pas se rendre aux urgences ou chez le médecin. Elles doivent au contraire appeler le 15 pour s'isoler et se faire tester. Est-ce ce jour-là que vous avez pris conscience de l'importance du Covid-19 ?
Non. J'ai tout de suite été vigilante à la suite d'un article sur Twitter, un post aujourd'hui effacé par les autorités chinoises, que j'ai vu le 25 décembre 2019. Par la suite, en regardant les rapports des services secrets américains, j'ai appris que le directeur de l'équivalent du Center for disease control chinois l'avait aussi appris ainsi. Et ce, avant que la Chine ne notifie officiellement l'Organisation mondiale de la Santé, le 31 décembre, des cas de pneumopathies inexpliquées.
Je n'ai vraiment été inquiète que le 21 janvier, le jour où une rumeur court à l'OMS [Organisation mondiale de la santé, NDLR] selon laquelle il y a une transmission interhumaine. On bascule alors dans un scénario beaucoup plus dangereux. J'organise une conférence de presse ce jour-là avant même que l'OMS ne l'officialise quelques jours plus tard. En réalité, les autorités chinoises avaient, dès le mois de décembre, la preuve de cette forme de contamination et ils ne l'ont pas rendu officielle. Cela a été la source du retard considérable sur la prise de conscience de tous les pays dans le monde.