Aide médicale d'État : le gouvernement est maintenant favorable à un gel des crédits
latribune.fr
En 2024, l'enveloppe prévue par l'Etat pour l'AME s'établit à 1,2 milliard d'euros, soit environ 0,5% des dépenses de santé prévues par le budget de la Sécu.
Le gouvernement s'est dit favorable mardi à un gel des crédits consacrés à l'aide médicale d'État (AME) destinée aux sans-papiers, après avoir prévu initialement de les augmenter dans le budget 2025.
[Article publié le mercredi 16 octobre 2024 à 07h48 et mis à jour à 09h30] La ministre de la Santé Geneviève Darrieussecq a affirmé mercredi que « le cadre général » de l'Aide médicale d'État (AME), destinée aux étrangers en situation irrégulière, « ne changera pas » même si « quelques lignes peuvent bouger », d'un point de vue budgétaire. En effet, le ministre du Budget Laurent Saint-Martin a confirmé une information de RMC selon laquelle le gouvernement déposera un amendement dans le cadre de l'examen au Parlement du budget 2025 pour que les dépenses de l'AME ne progressent plus l'année prochaine.
Le projet de budget présenté jeudi dernier prévoyait une hausse des crédits de l'AME de 8%, à 1,3 milliard d'euros, contre 1,2 en 2024, ce qui avait suscité des protestations chez certains élus du RN, opposés à cette augmentation. Pendant la campagne des législatives anticipées cet été, le RN indiquait pour sa part vouloir la remplacer par « une aide d'urgence vitale ». A plusieurs reprises, le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a aussi dit qu'il souhaitait réformer l'AME et la remplacer par une aide médicale d'urgence aux contours drastiquement réduits.
Geneviève Darrieussecq rassure et estime que l'AME, dispositif que le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau serait pour sa part enclin à réformer pour en restreindre le périmètre, « est le système le plus contrôlé, le plus sûr ». Interrogée sur la possibilité que l'AME soit un sujet de la future loi immigration annoncée pour début 2025, la ministre insiste :
« L'aide médicale d'État, c'est un sujet de santé et de santé publique, voire même de salubrité publique». «Je ne suis pas pour sa suppression», a-t-elle martelé sur France Inter.
Début octobre, elle avait déjà assuré qu'il n'était pas question de toucher au dispositif. « C'est aussi une assurance sur la santé des Français pour éviter certaines contagions », avait-elle souligné. « Il ne faut pas avoir de tabou avec ce sujet, mais il ne faut pas créer des fantasmes ». Le Premier ministre Michel Barnier avait lors estimé quant à lui qu'il était possible de « mieux gérer » l'AME et qu'il fallait « voir calmement les choses pour que ceux qui y ont droit puissent la recevoir ».
L'AME permet la prise en charge des personnes en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois, dont les ressources sont faibles et n'ouvrent pas droit à la couverture du système de droit commun. En 2024, l'enveloppe prévue par l'Etat s'établit à 1,2 milliard d'euros, soit environ 0,5% des dépenses de santé prévues par le budget de la Sécu (PLFSS). Fin 2023, on comptait 466.000 bénéficiaires de l'AME. Elle concerne les soins médicaux et dentaires, les médicaments remboursés, les frais d'analyses et d'hospitalisation, ainsi que ceux afférents à certaines vaccinations et certains dépistages, à la contraception et l'IVG.
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