Après la réunion des partis, Macron promet un ministre « dans les 48 heures »
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Emmanuel Macron a réuni ce mardi pendant plus de deux heures et demie les chefs des partis politiques à l'Elysée.
Reuters
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Emmanuel Macron a réuni ce mardi pendant plus de deux heures et demie les chefs des partis politiques à l'Elysée.
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[Article publié le mardi 10 décembre 2024 à 18h02 et mis à jour à 18h52] Fumée blanche bientôt ? Emmanuel Macron a réuni ce mardi pendant plus de deux heures et demie les chefs des partis politiques à l'Elysée, à l'exception du RN et de LFI. A l'issue du rendez-vous, il leur a annoncé son intention de nommer un nouveau Premier ministre « dans les 48 heures ».
Cette rencontre dans le jardin d'hiver du palais présidentiel, inédite depuis le début de la crise politique déclenchée par la dissolution de l'Assemblée nationale, visait avant tout à conclure un « contrat de méthode ». Objectif ? Aboutir à un gouvernement, et surtout éviter une nouvelle censure, a expliqué l'entourage du chef de l'Etat.
Après la censure de Michel Barnier, le 4 décembre dernier, Emmanuel Macron avait dit vouloir mettre en place un « gouvernement d'intérêt général ». Et il a expliqué à ses proches qu'il fallait « s'extraire des griffes du Rassemblement national et de La France insoumise ». Macron a d'ailleurs constaté ce mardi « une unanimité des forces politiques pour ne plus dépendre du RN », alors que le gouvernement démissionnaire dépendait de la bienveillance tacite de Marine Le Pen. D'autant que cette dernière a finalement choisi de le renverser avec la gauche.
Le Président a ainsi confié aux chefs de parti « sa volonté de ne pas dissoudre l'Assemblée nationale » d'ici la fin de son mandat en 2027, a rapporté son entourage. Alors que plusieurs responsables politiques ont évoqué l'idée que le futur gouvernement s'engage à ne pas recourir au 49.3 pour faire passer en force des lois à l'Assemblée, le chef de l'Etat a jugé que si cela devait faire consensus et garantir la stabilité, cela irait « dans le bon sens ». Tout en précisant qu'il ne lui revenait pas de « statuer là-dessus ».
Premier à parler à l'issue de la réunion, le chef des députés Droite républicaine Laurent Wauquiez a exclu un « contrat de gouvernement avec des gens avec lesquels on ne partage pas les mêmes valeurs », se bornant à espérer un « accord pour au moins ne pas faire tomber un gouvernement ».
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« Nous revendiquons très logiquement (...) un Premier ministre de gauche » qui soit « ouvert aux compromis », a martelé de son côté le patron du PS Olivier Faure en arrivant à l'Elysée. Les socialistes refusent de participer à un exécutif dirigé par la droite ou dit « technique ». La cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a d'ailleurs affirmé à sa sortie de l'Elysée que le camp présidentiel n'était prêt à « aucun compromis » pour former un gouvernement. Mais elle a salué son engagement à ne « plus se mettre dans les mains du Rassemblement national » pour gouverner.
Dans le camp présidentiel, plusieurs cadres assuraient ces derniers jours qu'Emmanuel Macron n'avait pas l'intention de nommer un chef du gouvernement de gauche. Les noms qui circulent émanent du bloc central, comme celui de François Bayrou. Parmi les favoris, le dirigeant centriste a été de nouveau reçu mardi matin à l'Elysée, après un déjeuner avec le président la semaine dernière, selon une source au MoDem. Mais son éventuelle arrivée à Matignon hérisse la gauche.
Les ministres macronistes Sébastien Lecornu ou Catherine Vautrin sont aussi cités, comme l'ex-ministre Jean-Yves Le Drian, qui a décliné selon des sources macronistes, ou des responsables de droite comme le maire de Troyes François Baroin. Quant à l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, « le président la République nous a assuré que cette option n'était pas sur la table », a assuré Marine Tondelier sur LCI avant la réunion.
Après cette première rencontre collégiale, qui fait suite à des consultations bilatérales lancées vendredi dernier, Emmanuel Macron pourrait s'effacer. Il est attendu jeudi en Pologne. Pour Olivier Faure en tout cas, « il n'est plus en situation aujourd'hui d'être l'arbitre des élégances », quand Marine Tondelier souhaite que la suite des discussions « se passe plutôt à l'Assemblée ».
Pour l'heure, ces consultations ont surtout semé encore plus la division à gauche, les Insoumis n'étant pas invités après avoir refusé un tête-à-tête avec Emmanuel Macron. « La politique de la chaise vide est une forme d'affaiblissement de la gauche », a commenté le Premier secrétaire du PS pour justifier sa présence à l'Elysée, assurant vouloir chercher une « solution » pour une « sortie de crise ».
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a lui appelé le reste du NFP « à ne pas céder aux sirènes et à la tentation du gouvernement national ». Et le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon a mis en garde : « Qui pense pouvoir gagner un seul siège sans nous ? ».
Pour montrer leur bonne foi, les participants de gauche à la réunion de mardi disent vouloir un changement de cap politique, notamment sur les retraites. A défaut d'une abrogation de la retraite à 64 ans, le communiste Fabien Roussel a suggéré « une voie de passage », à travers « une conférence sociale », pour permettre à des « dizaines de milliers de salariés de partir en retraite, comme s'il n'y avait pas eu cette réforme ».
Non convié, le Rassemblement national de Marine Le Pen se félicite de voir Emmanuel Macron lui donner « la médaille de l'opposition », a-t-elle lancé, fustigeant des « agapes pour se partager les postes ». Rappelant que le RN ne comptait pas participer au gouvernement, elle a dénoncé « une forme de mépris » du chef de l'Etat dont elle fait « (son) miel ». Elle réclame un Premier ministre « qui respecte l'ensemble des forces politiques », et tient compte « des lignes rouges » de celles « qui pèsent » à l'Assemblée nationale.
En attendant, Michel Barnier présidera mercredi matin le Conseil des ministres, peut-être son dernier, pour présenter le projet de « loi spéciale » sur le budget qui permettra notamment à l'Etat de lever l'impôt à partir du 1er janvier. Ceci, dans l'attente d'un budget pour 2025. Ce texte, dont l'adoption ne fait guère de doute, sera examiné lundi prochain à l'Assemblée.
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Cette « loi temporaire » avait été annoncée par Emmanuel Macron dans son allocution télévisée après la censure du gouvernement de Michel Barnier, afin d'assurer « la continuité des services publics et de la vie du pays ».
(Avec AFP)
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