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ÉconomieFrance

Emplois fictifs : une enquête préliminaire vise le MoDem

Photo de Audrey Fisne

A. F.

Publié le 09 juin 2017 à 13:48 - Mis à jour le 09 juin 2017 à 20:53

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Une enquête préliminaire a été ouverte pour "abus de confiance" suite à un signalement" reçu par le parquet sur de potentiels emplois fictifs du MoDem au Parlement européen. Pour Edouard Philippe, la formation centriste du ministre de la Justice n'a aucun souci à se faire.

Décidément, cette année aura été celle des affaires ! Après Fillon, Le Pen, Le Roux, Richard Ferrand, d'un parti à l'autre, c'est cette fois le MoDem qui est dans le collimateur. Vendredi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour abus de confiance afin de faire la lumière sur la situation. Mercredi, le parquet de Paris a reçu un "signalement" sur de potentiels emplois fictifs du parti centriste au Parlement européen.

Selon Le Point et Le Parisien, les soupçons proviendraient d'un ancien salarié du MoDem. Il témoignerait avoir été en partie rétribué pendant un an par des fonds provenant de l'enveloppe normalement allouée à la rémunération des assistants parlementaires de Jean-Luc Bennahmias, ex-eurodéputé du Sud-Est. L'ancien employé avait pourtant été recruté en CDI pour travailler au sein du mouvement centriste.

Avant l'annonce du parquet de Paris, le chef du gouvernement, Edouard Philippe avait estimé vendredi matin que le leader du MoDem, désormais ministre de la Justice, François Bayrou, n'était pas "fragilisé" par cette affaire. Sur Europe 1, il a d'abord déclaré:

"Je ne vais pas commenter les révélations et les lettres de dénonciation."Avant d'ajouter: "Je ne crois pas que sa position soit fragilisée."

Ironie du sort, c'est le garde des Sceaux qui porte le projet de loi de moralisation de la vie publique, l'une des mesures phares portées par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Ce à quoi a répondu Edouard Philippe:

"Primo, j'ai fixé les règles, s'agissant de la participation des ministres au gouvernement. Deuxio, nous nous sommes engagés sur un texte extrêmement ambitieux de rétablissement de la confiance dans l'action publique. (...) C'est ça qui m'intéresse."

Le Premier ministre a réitéré sa position, déjà évoquée lorsqu'il était question des révélations concernant les anciennes activités professionnelles du ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand: "Un ministre qui serait mis en examen, il démissionne."

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Les réactions se multiplient déjà dans la sphère politique

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour que les impressions et petites phrases fleurissent à ce sujet. George Fenech, député Les Républicains et secrétaire national à la Justice du parti a estimé que le dossier judiciaire plaçait François Bayrou dans "une situation flagrante de conflit d'intérêts":

"[Le ministre de la Justice] se retrouve destinataire de tous les éléments synthétiques d'enquête qui le visent personnellement et, par voie de conséquence, est en mesure d'allumer des contre-feux pour échapper à sa responsabilité personnelle et politique."

Du côté de La République en Marche, Jean-Paul Delevoye, président de la commission d'investiture, a réagi:

"A partir du moment où il y a un fait qui peut créer un doute, il faut lever ce doute. Et pour lever ce doute, il faut aller au bout de l'enquête [...] Personne n'est épargné du devoir de respecter les règles et les principes de transparence et de moralité par rapport à l'argent public. Quel qu'il soit."

Quant à l'une des personnes citées, Jean-Luc Bennahmias, ancien eurodéputé ayant quitté le MoDem en 2014 pour fonder son parti de centre-gauche "Le Front démocrate" et ancien candidat à la primaire de la gauche, il s'est défendu sur BFM TV. Il a dénoncé "une tentative de déstabilisation". En parlant de l'ancien salarié à l'origine du signalement à la justice:

"Cette personne que je connais bien a travaillé pour moi en 2011 à temps partiel pour s'occuper du site web. Il était chargé de répercuter le travail parlementaire que j'effectuais au Parlement européen."

Une dizaine de salariés pourraient être soupçonnés d'emploi fictifs

Mais, toujours selon Le Point, l'affaire ne semble pas se limiter à ce seul cas :

"Plusieurs eurodéputés centristes et collaborateurs nous ont confirmé, sous le couvert de l'anonymat, l'existence d'un tel système. Certains nous ont même dit se tenir à la disposition de la justice",écrit l'hebdomadaire sur son site ce vendredi.

FranceTV.info estime pour sa part qu'une dizaine de salariés du siège, sur la période 2009-2014, pourraient être concernés par les soupçons d'emplois fictifs.

Le MoDem s'est défendu, jeudi, en assurant que les salariés ayant travaillé à temps partiel à son service avaient été rémunérés "de manière parfaitement transparente" et avaient pu honorer parallèlement, et en toute légalité, d'autres contrats auprès d'élus européens.

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Dans un communiqué, le parti centriste a d'ailleurs assuré mettre à la disposition des deux magistrats chargés de l'enquête préliminaire les contrats de travail et bulletins de salaire qui ont engagé le mouvement.

(avec agences)

A. F.

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