Avec le recul de l'inflation, le taux du Livret A devrait baisser en 2025
latribune.fr
Interrogé ce mardi par l'AFP, le directeur du groupe de réflexion Cercle de l'Epargne estime que le taux du livret A devrait tomber à 2,5%, d'ici février prochain.
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Si la baisse du taux du livret A rémunèrera moins bien l'épargne des Français, elle aura des effets positifs sur la consommation, donc des recettes de TVA. En crise, le secteur du bâtiment devrait aussi en tirer profit.
Changement attendu au 1ᵉʳ février pour les Français : le taux du Livret A, qui n'a pas baissé depuis 2020, devrait tomber de 3 % à 2,5 % en raison du recul de l'inflation. Fixé à 3 % depuis début 2023, le taux du Livret A pourrait céder 0,5 point de pourcentage en début d'année, avait affirmé en octobre Eric Lombard, quand il était encore directeur général de la Caisse des Dépôts (CDC) avant d'être nommé ministre de l'Économie fin décembre.
La formule de calcul du taux du Livret A, également valable pour le livret de développement durable et solidaire (LDDS), est basée pour moitié sur l'évolution des prix des six derniers mois et pour une autre moitié sur un taux d'échange entre les banques.
Un livret A bientôt à 2,5% ?
Mi-janvier, dès que les chiffres définitifs de l'inflation pour décembre seront connus, le gouverneur de la Banque de France proposera à Bercy un nouveau taux, en se calant sur le résultat de la formule de calcul ou en y dérogeant.
« 2,5% me paraît le taux le plus probable pour le Livret A au 1ᵉʳ février », a déclaré à l'AFP Philippe Crevel, directeur du groupe de réflexion Cercle de l'Épargne. Autre conséquence de la baisse de l'inflation, le taux du livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux individus et ménages modestes, devrait aussi tomber, « de 4% à 3% si on applique la formule », d'après l'expert.
Un autre chiffre à avoir en tête : celui de la Banque de France, qui a révisé ses prévisions d'inflation pour 2025 à 1,5%. Si l'on suit cette trajectoire, les rendements nets se situeraient à 1% pour le Livret A et LDDS et à 1,4% pour le LEP.
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Effets positifs sur la consommation et le bâtiment
Selon Philippe Crevel, cette baisse de taux probable servirait un double objectif gouvernemental. D'un côté, relancer la consommation pour stimuler la croissance et les recettes fiscales, notamment grâce à la TVA ; de l'autre, soutenir un secteur du bâtiment en crise.
« Les ressources du Livret A servent de base aux prêts qui sont faits aux bailleurs sociaux. Plus le taux du livret A est élevé, plus le taux des prêts est élevé, explique le directeur du Cercle de l'Épargne. Donc l'objectif d'Éric Lombard, comme celui de ses prédécesseurs, c'est qu'il y ait un peu plus de consommation et un peu moins d'épargne », conclut le spécialiste.
Carton plein pour le Livret A et le LDDS
D'après les derniers chiffres de la Caisse des Dépôts, en 2024, l'encours cumulé des Livrets A et LDDS a atteint 582,3 milliards d'euros. Ceci, avec une collecte mensuelle positive de 560 millions d'euros, en novembre. Le livret d'épargne populaire a, lui aussi, connu une collecte significative de 340 millions d'euros en novembre, atteignant un encours total de 78,1 milliards d'euros. Avec un taux d'intérêt de 4%, le LEP reste le placement le plus intéressant pour les ménages à revenus modestes.
Ces chiffres témoignent d'une volonté croissante des Français de sécuriser leur épargne dans un climat économique incertain. Au troisième trimestre de 2024, le taux d'épargne a atteint 18,2 % du revenu disponible brut. Un chiffre supérieur aux 15 à 17 % connus dans les années 2000-2010. Depuis trois ans, ce taux continue de grimper, atteignant des niveaux records, tandis que les économistes restent pessimistes quant à une baisse rapide. L'Insee prévoit qu'il atteindra encore 17,9 % d'ici à l'été 2025, tandis que la Banque de France table sur 17,6 % en moyenne.