Baisse des emplois aidés : les repas chauds aux Restos du Cœur de Grenoble sont menacés

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A Grenoble, les Restos du Coeur servent quotidiennement 120 repas chauds.
A Grenoble, les Restos du Coeur servent quotidiennement 120 repas chauds. (Crédits : REUTERS/Jacky Naegelen)
Le cuisinier chargé des quelque 120 repas chauds servis à l'antenne grenobloise des Restos du Cœur exerçait sous contrat aidé. Celui-ci n'avait, dans un premier temps, pas été reconduit. Interpellée, la ministre du Travail est intervenue sur le sujet.

Les repas chauds des Restos du Cœur de Grenoble (Isère) seraient en danger. C'est l'une des conséquences à la baisse annoncée par le gouvernement des contrats aidés.

Cela fait suite au refus récent de Pôle Emploi de renouveler le contrat aidé s'arrêtant le 14 août d'un cuisinier employé par l'antenne grenobloise des Restos du Cœur, selon une information dévoilée par Le Dauphiné Libéré.

Brigitte Cotte, la présidente des Restos du Coeur de Grenoble, a expliqué à l'AFP :

"Pôle Emploi nous a répondu début août que le renouvellement n'était plus possible faute de budget. Nous nous retrouvons dans l'impossibilité de servir des repas chauds ce lundi, jour de réouverture."

Interrogés sur ce cas, dimanche, le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ont voulu rassurer.

"C'est réglé pour demain", a assuré la ministre du Travail lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. "Ce n'est pas cohérent avec les orientations qu'on a données, puisqu'on a dit que dans les contrats aidés, la priorité était à l'aide alimentaire. (...) Il n'y a pas de suppression des emplois aidés, il y a une diminution, mais pas lorsqu'il s'agit d'assurer les urgences prioritaires (...) tout ce qui est aide alimentaire, hébergement d'urgence, les communes rurales les plus en difficulté et l'outre-mer."

 > Lire aussi : Baisse des contrats aidés : cinq points pour comprendre la problématique

La distribution devrait reprendre d'ici à 15 jours

Le Premier ministre a lui aussi été interpellé sur le cas de ce cuisinier. Il a assuré de sa volonté "de faire en sorte que cette question soit réglée le plus vite possible".

La présidente des Restos du Coeur de Grenoble a confirmé à l'AFP que des dispositions avaient été prises en haut lieu pour faire en sorte que le contrat de l'employé soit renouvelé :

"Normalement, on devrait avoir rapidement un contrat aidé. Je vais reprendre contact avec Pôle Emploi et la Préfecture dès demain matin. Nous espérons reprendre le service de repas chauds d'ici 15 jours."

À Grenoble, les Restos du Coeur servent quotidiennement 120 repas chauds. L'antenne procédera quand bien même à sa réouverture ce lundi "pour maintenir le reste de l'activité" (cours de français, distribution de vêtements...)

Les critiques se multiplient du côté des syndicats

La question des emplois aidés a continué de susciter les critiques syndicales ce week-end. Sur BFM TV, le responsable de la CFDT, Laurent Berger a dénoncé une "baisse brutale" qui est "absolument ahurissante".

Le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, quant à lui, a critiqué sur France 3 la "politique de rabot". Et d'ajouter :

"La méthode n'est pas bonne, car on ne casse pas l'outil avant d'avoir trouvé autre chose."

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 04/09/2017 à 18:12 :
N'importe quel maire sait que les emplois aidés sont indispensables au bon fonctionnement des services publics de proximité comme du tissu associatif, quelques soient les arguties déployées.

Bon courage au gouvernement si les restos ferment... Il lui faudra assurer à leur place 150 millions de repas pour un million de dépendants. Et s'il ne le fait pas ce sera une explosion de violence assurée dans les mois à venir.

Bref, Macron est un dangereux ignorant qui se la pète.
Réponse de le 05/09/2017 à 10:57 :
Votre post illustre parfaitement le détournement du dispositif. Il ne s'agit pas de remettre des personnes dans l'emploi mais de subventionner indirectement des associations et collectivités.
Ce n'est pas une politique de l'emploi, c'est une politique de baisse du cout du travail. Cela illustre parfaitement que le SMIC est trop élevé pour que certains services soient assurés.
Les entreprises font avec, en automatisant, en augmentant la productivité ou en limitant les emplois à faible valeur ajouté.
Au lieu de réclamer les emplois aidés, demandez la baisse du SMIC
a écrit le 04/09/2017 à 14:56 :
les ayants droit souvent sans emploi ne pourraient ils mettrent la main à la pâte !!!!
et puis les restos BENEVOLES OU salariés
a écrit le 04/09/2017 à 12:23 :
Et dire qu'innocemment beaucoup de gens pensaient que les Restos du cœur, c'était du bénévolat ! Bon, en tous cas, on ne sera pas surpris quand on saura que les "emplois aidés", c'est du népotisme au même titre que les assistants parlementaires :-)
Réponse de le 05/09/2017 à 8:59 :
Une association qui distribue plus de 130 millions de repas par an ne peut pas être géré juste par des bénévoles. Votre naïveté est confondante...
a écrit le 04/09/2017 à 12:14 :
Tous les témoignages sur les conséquences de l'arrêt de ces emplois illustrent parfaitement l'usage qui est fait de ces fonds.
Il ne s'agit pas d'aider des personnes à mettre un pied dans le monde du travail mais à des associations, collectivités, de contourner les contraintes de cout du travail.
C'est de la subvention déguisé, pas de l'aide au retour à l'emploi.
Réponse de le 04/09/2017 à 13:31 :
+1 je pensais naïvement que c'était des bénévoles...bah non ce sont des bénévoles déguisés qui touchent un salaire subventionné ! Elle est pas belle la France qui coule :)
a écrit le 04/09/2017 à 11:49 :
"La méthode n'est pas bonne, car on ne casse pas l'outil avant d'avoir trouvé autre chose."

EN effet soit on s'attaque de front à la copulation permanente entre hommes d'affaires et politiciens soit on casse les services publics en utilisant des prétextes bidons empruntés ça et là, macron et sa bande étant une des résultantes de cette compromission on voit mal comment il pourrait honnêtement s'y opposer.

Du coup le but est bel et bien seulement de casser un service d'aide à la personne de plus, on prend aux pauvres pour donner aux riches.
a écrit le 04/09/2017 à 11:15 :
Le problème des emplois aidés, c'est qu'ils sont aidés!
On a fait croire aux aidés qu'ils seraient embauchés définitivement et aux structures bénéficiaires que ces emplois deviendraient définitifs, ou tout du moins l'ont-il cru.
Ce n'était qu'une politique pour masquer le chômage et électorale qui a échoué.
Honte aux politiques qui ont mis en place ce type de traitement du chômage, et qui maintenant laisse une addition sociale élevée.
C'est de ça qu'on ne veut plus voir.
a écrit le 04/09/2017 à 11:02 :
les associations ca fonctionne avec le benevolat et les cotisations, pas avec l'argent public......... maintenant y a une solution, y a les 30 milliards de la formation qu'on peut mettre a disposition des emplois aides........ mais on sait deja qui va hurler
a écrit le 04/09/2017 à 10:53 :
Réduire quand il y a 'un', ça donne 'zéro'. C'est l'ennui des maths "entières", en comptabilité ça va encore avec une virgule et des décimales..
J'avais lu que n'étaient principalement touchés que ceux qui était 'marchand' parce que les employeurs ne sont pas spécialement motivés par le fait d'avoir exercé un emploi aidé pour embaucher, c'est pas un critère.
a écrit le 04/09/2017 à 10:49 :
Que n ai je entendu sur ces emplois assistés y compris dans votre journal. Et aujourd'hui les voici pares de toutes les vertus!
a écrit le 04/09/2017 à 10:37 :
dans les ayants droit et chomeurs pro ils doivent etre capable de trouver de la main d'œuvre sans pleurer des emplois aides

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