Budget 2018 : le ministère du Travail perd 1,5 milliard d'euros

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La ministre du Travail perd 1,5 milliard de crédits en 2018, notamment en raison de la fonte de l'enveloppe dédiée aux contrats aidés. Mais les fonds consacrés à la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi sont multipliés par trois.
La ministre du Travail perd 1,5 milliard de crédits en 2018, notamment en raison de la fonte de l'enveloppe dédiée aux contrats aidés. Mais les fonds consacrés à la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi sont multipliés par trois. (Crédits : Philippe Wojazer)
Le ministère du Travail fait partie des "perdants" du budget 2018 avec une contraction de 9,8% de ses crédits. Baisse essentiellement due au fait qu'il n'y aura plus que 200.000 contrats aidés budgétés au-lieu de 280.000 en 2017.

Hasard malheureux du calendrier ! Mardi 26 septembre, les dernières statistiques du chômage sont rendues publiques, elles sont mauvaises avec une nouvelle progression de 0,6% du nombre des demandeurs d'emploi. Mercredi 27 septembre, le gouvernement dévoile les grandes lignes du budget 2018 et les crédits affectés au ministère du Travail sont... en baisse de 9,8%, notamment en raison de la baisse annoncée du nombre de contrats aidés budgétés.

La ministre du Travail Muriel Penicaud avait pourtant assurée que son budget serait "globalement stable" par rapport à 2017. C'est en fait à la fois vrai et faux, comme très souvent en matière budgétaire où les périmètres évoluent, rendant les comparaisons difficiles.

Ainsi, la loi de finances initiale de 2017 prévoyait 15,3 milliards d'euros de crédits, et celui de 2018 est crédité de 15,2 milliards d'euros. On peut donc en effet parler de stabilité. Sauf que, en 2017, les crédits affectés à l'Allocation de solidarité spécifique (ASS, allocation perçue par les chômeurs en fin de droits) n'étaient pas formellement inclus dans les fonds affectés au ministère du Travail, alors qu'ils le sont en 2018. Résultat, à périmètre constant, le budget 2017 s'élevait en réalité à 16,7 milliards d'euros et il sera donc de 15, 2 milliards en 2018. Il y a donc une baisse de 1,5 milliard. Le ministère du Travail, comme d'ailleurs celui du logement, est donc bien mis à la diète.

1 milliard d'euros d'économies sur les contrats aidés

Mais quels sont les points clés concernés par cette diminution des crédits ? Il s'agit essentiellement de ceux affectés aux fameux contrats aidés qui ont fait couler tant d'encre depuis cet été. En 2018, il n'y aura plus « que » 200.000 contrats aidés, au lieu de 280.000 en 2017. Et, autre nouveauté, la prise en charge par l'Etat du « coût » (le salaire, en fait) ne sera plus que de 50%, contre 70% jusqu'ici. Résultat, l'enveloppe consacrée à ces contrats fond littéralement, passant de 2,4 milliards d'euros à 1,4 milliard... Au ministère du Travail, on indique aussi qu'il n'y aura plus de contrats aidés dans le secteur marchand, pour éviter les effets d'aubaine, surtout en période de reprise de l'emploi. De même, il n'y aura pas de nouveaux emplois d'avenir, chers à François Hollande, mais « seulement des renouvellements ». Le gouvernement attend pour la fin de l'année le rapport du Pdg du groupe SOS, Jean-Marc Borello, qui doit faire des propositions en faveur d'un nouveau contrat aidé destiné à mieux insérer durablement dans l'économie les bénéficiaires.

L'autre principale baisse concerne « la prime à l'embauche dans les PME », un dispositif qui a pris fin le 30 juin 2017. Soit une économie de 850 millions d'euros pour le ministère.

Un programme de formation doté d'un milliard d'euros

En revanche, 400 millions supplémentaires vont être affectés à la formation des demandeurs d'emploi les plus en difficulté et jeunes décrocheurs de moins de 25 ans, dans le cadre du « plan d'investissement dans les compétences » (PIC). Et quelques dizaines de millions seront consacrés à de nouvelles exonérations pour les services à la personne.

Le PIC, présenté le 25 septembre par le Premier ministre et l'économiste Jean Pisani-Ferry, sera doté de 15 milliards d'euros sur l'ensemble du quinquennat pour respecter un engagement de campagne d'Emmanuel Macron. Sur ces 15 milliards, 13,8 milliards d'euros seront « gérés » par le ministère du Travail, dont 11 milliards destinés à la formation des jeunes et des demandeurs d'emploi et 2,8 milliards à la garantie jeune, ce mécanisme global d'insertion des moins de 25 ans.

Dès 2018, le ministère du Travail mettra sur la table 1 milliard d'euros pour la formation des jeunes et demandeurs d'emploi, soit « un effort multiplié par trois, du jamais vu », aime souligner l'entourage de la ministre. Certes, davantage encore aurait pu être fait, mais le ministère précise qu'il attend de voir d'abord ce que va donner la concertation/négociation avec les partenaires sociaux, qui va débuter dans la première quinzaine de novembre, sur la réforme des mécanismes de la formation professionnelle. L'idée étant que cette réforme entre en vigueur le 1er janvier 2019.

Enfin, concernant la garantie-jeune, 500 millions d'euros supplémentaires lui seront affectés afin de financer 100.000 entrées dans le dispositif.

Débat en vue sur le financement de Pôle emploi

Pour le reste, la subvention du ministère à Pôle Emploi (qui va supprimer environ 300 postes) sera d'environ 1,5 milliard d'euros, comme en 2017. Mais le ministère sait qu'il n'échappera pas, dans le cadre de la réforme prévue de l'assurance chômage, à une demande répétée des partenaires sociaux de revoir le financement de Pôle emploi. En effet, c'est actuellement essentiellement l'Unedic - l'organisme qui gère l'assurance chômage -  qui assure ce financement via, un prélèvement de 10% sur les cotisations Unedic, soit environ 3,5 milliards d'euros. Autrement dit, si l'Unedic ne versait plus cette subvention... elle serait à l'équilibre. Mais ce versement de 10% avait été acté au moment de la fusion entre Pôle emploi et les Assedic en 2008. Il est maintenant contesté. Ce sera l'un des points chauds des discussions.

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Commentaires
a écrit le 29/09/2017 à 12:53 :
la disparition de Pôle Emploi ne chagrinera personne (sauf les employés)
a écrit le 28/09/2017 à 9:07 :
Macron préfère baisser l'ISF pour les plus aisés car pense t-il ces derniers iront investir ce cadeau fiscal dans l'économie du pays.....il largue au passage les dernières industries françaises......ah ah ah.....M. Macron nous prend pour des idiots....Il utilise un langage économico - technico financier pour nous vendre sa sauce.....il se croit encore à la banque Rothschild dans le service "fusions acquisitions"..........
Il voudrait préparer l'arrivée des extrêmes au pouvoir qu'il ne s'y prendrait pas autrement....
a écrit le 27/09/2017 à 17:49 :
"Budget 2018 : le ministère du Travail perd 1,5 milliard d'euros"

Pas grave, Pénicaud a son million d'euros c'est le principal.

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