Budget 2025 : à l'Assemblée, la gauche remporte le vote de la partie recettes
latribune.fr
Le texte amendé, qui prévoit notamment 17 à 20 milliards de cotisations supplémentaires selon les députés, a été approuvé par 126 voix « pour » et 98 « contre ».
L'Assemblée nationale a approuvé ce lundi, une version profondément remaniée de la partie recettes du budget 2025 de la Sécurité sociale. Un texte validé avec les voix de la gauche, alors que les députés macronistes et de droite ont voté contre et que le RN s'est abstenu.
L'Assemblée nationale a approuvé lundi, avec les voix de la gauche, une version profondément remaniée de la partie recettes du budget 2025 de la Sécurité sociale, les députés macronistes et de droite ayant voté contre et le Rassemblement national (RN) s'étant abstenu.
Le texte amendé, qui prévoit notamment 17 à 20 milliards de cotisations supplémentaires selon les députés, a ainsi été approuvé par 126 voix « pour » et 98 « contre ». L'Assemblée va à présent pouvoir entamer en soirée l'examen de la partie « dépenses » du texte.
En augmentant notamment les cotisations sur les revenus du capital ou les dividendes, la gauche a «dégagé de manière raisonnable (...) un niveau de financement de la protection sociale et de la sécurité sociale à hauteur des besoins», s'est félicité le socialiste Jérôme Guedj.
« La gauche de cet hémicycle a ainsi trouvé des majorités pour remplir les caisses de la Sécu, pendant que la droite a déployé tous ses efforts pour les vider », a également souligné l'insoumise Elise Leboucher, en référence à la fronde des élus de droite et du centre qui ont retoqué la hausse des cotisations patronales voulues par le gouvernement qu'ils sont censés soutenir.
Au final, les élus du « socle » gouvernemental ont fustigé un texte « vidé de son sens et de tout sérieux, politique et budgétaire », comme l'a résumé François Gernigon (Horizons). « Vous avez créé des taxes et des charges pour près de 17 milliards », a déploré Thibault Bazin (LR) en s'adressant aux élus du Nouveau Front populaire (NFP). « Et là, les victimes, ce ne sont pas les grandes fortunes, ce sont les classes moyennes qui travaillent », a-t-il dit, fustigeant un texte qui « ne ressemble plus à rien ».
Le RN joue stratégique
Le RN, qui avait critiqué le texte initial du gouvernement, a également dénoncé « les dingueries fiscales que la gauche a imposées ». Mais il a choisi de s'abstenir pour ne pas mettre un terme prématuré aux débats - le rejet de la partie « recettes » aurait en effet entraîné celui de l'ensemble du texte. « Nous voulons permettre d'examiner la partie dépenses. Et si nous votons contre, nous ne pourrons pas le faire », a argumenté Christophe Bentz (RN).
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Après le vote, le président du groupe MoDem Marc Fesneau a fait part de son agacement : « quand vous avez RN et NFP qui votent ensemble, vous voyez bien que c'est la collusion du populisme ».
«A la fin, le gouvernement va dire "voyez, tout ça n'est pas raisonnable, on va laisser ça au Sénat, car eux ce sont des gens responsables et raisonnables"», a-t-il ajouté.
Première victoire sur la réforme des retraites
Toujours ce lundi, la gauche a obtenu une autre victoire symbolique sur la réforme des retraites à l'Assemblée, avec l'adoption d'amendements s'opposant à la réforme, dans le cadre de l'examen du budget de la Sécurité sociale.
Ces amendements socialiste, insoumis et communiste, adoptés par 178 voix contre 76, modifient une annexe du texte, en y abrogeant le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Les députés n'ont consacré qu'un gros quart d'heure à ce débat, après y avoir passé plus de cinq heures jeudi, lors de l'examen d'une proposition de loi du Rassemblement national sur le sujet, qui a été rejetée.
Rendez-vous le 28 novembre
« Aujourd'hui, c'est une première étape symbolique », a souligné le député LFI Manuel Bompard, en donnant rendez-vous aux députés le 28 novembre, pour l'examen d'une proposition de loi LFI se proposant elle aussi d'abroger la réforme, qui aura elle des chances de passer.
« Allons pour le symbole, nous allons voter cet amendement », avait annoncé le député RN Matthias Renault. Le ministre du Budget Laurent Saint-Martin a, lui, invité le PS à ne pas sombrer « dans la démagogie à travers cet amendement ». « Accompagnez plutôt ceux qui sont responsables dans cette affaire en réduisant nos déficits publics », a-t-il dit.