Budget 2025 : Bruno Le Maire va proposer de défiscaliser les primes des médaillés olympiques
latribune.fr
Bruno Le Maire a tout de même précisé que « ce n'est pas à moi d'en décider, je suis chargé des affaires courantes, mais je préparerai des dispositifs pour que ces primes » le soient dans le budget 2025.
Le ministre démissionnaire de l'Economie a annoncé ce jeudi qu'il proposera que les primes des athlètes français ayant reçu une médaille olympique « soient défiscalisées dans le prochain budget 2025 ». Une réponse à l'attaque de l'ex champion olympique David Douillet qui avait qualifié de « honte » cette pratique.
Bruno Le Maire répond à David Douillet. Lundi, l'ancien judoka avait qualifié de « scandale » l'imposition des primes, sur RMC. « Pour certains athlètes, c'est de l'argent de poche, et pour d'autres, dans des petits sports, c'est immense. Fiscaliser ça? Je trouve que c'est une honte », avait-il asséné, en rappelant que ces sportifs obtenaient leur médaille au bout de 10 à 15 ans d'entraînement.
Ce à quoi a répondu le ministre démissionnaire de l'Economie ce jeudi : « Je proposerai qu'elles soient défiscalisées dans le prochain budget 2025 », a-t-il annoncé dans un entretien avec Le Figaro.
«Lorsqu'on a des résultats aussi exceptionnels, des médailles qui sont exceptionnelles, qui sont la récompense d'années de travail, d'années d'efforts et qui sont la fierté française, il ne faut pas que ces primes soient fiscalisées», a-t-il précisé.
Pour rappel, les médaillés reçoivent une prime à chaque médaille engrangée, 80.000 euros pour l'or, 40.000 pour l'argent et 20.000 euros pour le bronze, selon le barème établi par le ministère des Sports et publié sur son site (sports.gouv.fr). Des montants en nette hausse par rapport aux JO de Tokyo en 2021 (65.000, 25.000 et 15.000 euros). Chaque sportif d'un collectif médaillé se voit en outre attribuer la prime correspondant à son niveau de médaille. A Rio en 2016 les primes avaient été défiscalisées, tout comme pour les JO d'hiver en 2018. Mais les primes à Tokyo, certes augmentées, avaient été de nouveau imposées.
Une mesure déjà portée par la droite
Derrière son annonce, Bruno Le Maire a tout de même précisé que « ce n'est pas à moi d'en décider, je suis chargé des affaires courantes, mais je préparerai des dispositifs pour que ces primes » le soient dans le budget 2025. « C'est la prochaine majorité, le prochain gouvernement qui décidera, par un vote souverain, dans le budget 2025, si elles (sic) suivent la proposition que je fais », a-t-il encore dit.
« Je suis prête à continuer d'exploser l'enveloppe avec la bénédiction de Bruno Le Maire », avait déjà déclaré la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra dimanche, lors d'une conférence de presse au Club France. Selon un document du ministère des Sports et des JO, le gouvernement a en fait budgété plus de 18 millions d'euros pour les Jeux olympiques et paralympiques, répartis en 138 médailles dont 46 en or. « Le gouvernement a acté une augmentation significative et exceptionnelle du montant attribué aux médaillés olympiques et paralympiques français », a déclaré pour sa part le ministère des Sports par communiqué.
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A noter : les macronistes n'ont pas le monopole de cette idée. Mardi, au lendemain de l'interview de David Douillet, le député Les Républicains Olivier Marleix a proposé mardi de légiférer pour exonérer d'impôts les primes. « Une PPL (proposition de loi, ndlr) consensuelle pour débuter la législature et poursuivre dans l'hémicycle un moment d'unité nationale ! », a lancé l'ancien chef du groupe LR à l'Assemblée nationale sur X.
20 milliards d'euros d'économies à trouver en 2025
Le budget 2025 ne servira pas qu'à satisfaire les athlètes olympiques. Il servira surtout à trouver des économies. Face au déficit plus élevé que prévu, le gouvernement avait annoncé au printemps 20 milliards d'euros d'économies en 2024 et 20 milliards d'euros en 2025, en commission des finances à l'Assemblée nationale, en juillet.
Et pour cause, l'Union européenne a formellement lancé le mois dernier, les procédures pour déficits publics excessifs ciblant sept Etats membres, dont la France. En effet, le pays a dépassé l'an dernier la limite de déficits publics fixée à 3% du produit intérieur brut (PIB) par le Pacte de stabilité, qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Le déficit français a ainsi dérapé à 5,5% en 2023. Il doit aussi réduire sa dette qui s'est creusée à presque 3.160 milliards d'euros à fin mars, soit près de 111% du PIB.
Ils devront prendre des mesures correctrices pour respecter à l'avenir ces règles budgétaires, sous peine de sanctions financières. Ces règles ont été mises en sommeil après 2020 à cause de la crise économique liée au Covid puis à la guerre en Ukraine. Elles ont été réformées et réactivées cette année. Le Pacte de stabilité prévoit en principe des sanctions financières à hauteur de 0,1% du PIB par an pour les pays qui ne mettront pas en œuvre les corrections imposées, soit près de 2,5 milliards d'euros dans le cas de la France. En réalité, ces punitions - politiquement explosives - n'ont jamais été appliquées. A noter : la France, dont la dette atteint 110% du PIB, a été la plupart du temps en procédure de déficit excessif depuis la création de l'euro au tournant des années 2000. Elle en était toutefois sortie en 2017.