Budget 2025 : pour le Haut Conseil des finances publiques, 70% des efforts seront en réalité des hausses d'impôts
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Le président du Haut Conseil des finances publiques Pierre Moscovici.
Reuters
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Le gouvernement Barnier se lance dans une bataille budgétaire très tendue. Rompu aux négociations difficiles avec le Brexit, le Premier ministre va devoir trouver des majorités sur le projet de loi de finances (PLF) 2025. Pour réduire le déficit de 6,1% du PIB à 5% entre 2024 et 2025, le gouvernement a prévu « un effort » de 60 milliards d'euros (1,7 point de PIB). Il est réparti en 40 milliards d'économies et 20 milliards d'euros de hausses d'impôts. Ce scénario avancé par l'exécutif est déjà contesté par le Haut Conseil des finances publiques.
D'autant que l'institution n'a eu que peu de temps pour se pencher sur ce projet de budget. Très en retard sur le calendrier officiel, le gouvernement lui a, en effet, envoyé le document avec plusieurs jours de décalage. Résultat, les hauts-fonctionnaires n'ont eu que quelques jours pour examiner les piles de documents envoyés par l'exécutif.
À cela s'ajoute le manque de documentations des mesures. « La prévision de finances publiques pour 2025 suppose la mise en œuvre d'un nombre important de mesures dont le contenu reste pour partie inconnu à ce stade. En particulier, les éléments transmis pour documenter les économies envisagées en dépenses, d'une ampleur inédite, sont très limités », regrette le Haut Conseil des finances publiques. Un mauvais point avant le dépôt du PLF au Parlement.
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Résultat, le constat dressé par le HCFP est sans appel : quand l'exécutif assure qu'il n'y aura que 30% de hausses d'impôts, l'institution estime plutôt qu'elles représenteront 70% de l'effort demandé et 30% pour les coupes budgétaires. L'institution, dans son avis, aboutit donc à une inversion du ratio présenté par le gouvernement.