Budget 2026 : de LFI au RN, l'idée d'un gel des dépenses (année blanche) ne passe pas
latribune.fr
Une année blanche ? « Ce serait très mauvais pour la consommation, avec des effets récessifs, surtout pour les plus défavorisés », met en garde Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances à l'Assemblée.
L'idée d'une "année blanche", consistant à geler les dépenses publiques pour réduire le déficit, suscite un rejet quasi unanime dans l'opposition, de la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par Les Républicains.
L'exécutif cherche 40 milliards d'euros d'économies pour ramener le déficit public dans les clous en 2026. Parmi les pistes envisagées, celle d'une 'année blanche', c'est-à-dire un gel des principales dépenses publiques à leur niveau de 2025 : retraites, prestations sociales, barème de l'impôt sur le revenu... Selon l'Institut des politiques publiques (IPP), cette mesure permettrait d'économiser 5.7 milliards d'euros dès l'année prochaine.
Ses défenseurs, à l'instar du Haut-commissaire à la stratégie et au plan, Clément Beaune, louent la « simplicité », « l'automaticité », et le « rendement très important » d'une telle mesure du point de vue comptable sur les économies budgétaires.
Mais son efficacité et ses effets sociaux divisent. « Ce serait très mauvais pour la consommation, avec des effets récessifs, surtout pour les plus défavorisés », a mis en garde dimanche Éric Coquerel sur LCI. Le président LFI de la commission des Finances de l'Assemblée nationale a cité l'étude de l'IPP pour appuyer son propos : « Pour un rendement limité, ce serait une très mauvaise solution ». À la place, il plaide pour un « gros nettoyage des niches fiscales », et une augmentation ciblée de la fiscalité sur les plus riches et les grandes entreprises, via la mise en place d'une taxe 'Zucman' sur le patrimoine ou les multinationales, ou encore un impôt sur la fortune climatique.
Une convergence droite-gauche
Du côté des Républicains, la tonalité est très différente mais la conclusion reste la même : l'année blanche est jugée inefficace. Invité d'Europe 1, le vice-président délégué du parti, François-Xavier Bellamy, a estimé que « ce serait l'inverse de la bonne stratégie ». Selon lui, il faut « s'attaquer de très près à la dépense sociale dans notre pays, qui est devenue un problème majeur », citant explicitement le RSA et les allocations chômage.
Même son de cloche du côté du Rassemblement national. Dans un entretien au Journal du Dimanche, Sébastien Chenu a dénoncé une « logique de coups de rabot, d'ajustements à la marge » là où il faudrait, selon lui, « changer de logique et ouvrir enfin les vrais dossiers : agences d'État, immigration, contribution à l'Union européenne ». Un positionnement qui permet au RN de se montrer à la fois critique sur les dépenses et soucieux de préserver les prestations directes aux ménages.
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Les réserves ne viennent pas seulement de l'opposition politique. Le président du Medef, Patrick Martin, s'est également exprimé sur le sujet dans une interview diffusée samedi sur le site de Boursorama. « Cela ne doit pas être l'écran de fumée d'une non-décision sur les dépenses structurelles de l'État, des collectivités locales et des régimes sociaux », a-t-il averti. Une manière de rappeler que le patronat attend du gouvernement un effort plus net sur les réformes structurelles, plutôt qu'un gel généralisé perçu comme une solution temporaire.