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Budget: Éric Lombard vise 50 milliards d'euros « d'effort » en 2025

latribune.fr

Publié le 06 janvier 2025 à 10:12 - Mis à jour le 06 janvier 2025 à 21:43

Le ministre de l'Économie, Éric Lombard, vise pour cette année un déficit public dans une fourchette entre 5% et 5,5% du PIB.

Le ministre de l'Économie, Éric Lombard, vise pour cette année un déficit public dans une fourchette entre 5% et 5,5% du PIB.

Saboor Abdul

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Le ministre de l'Économie a annoncé ce lundi qu'il souhaite un effort budgétaire de 50 milliards d'euros en 2025, principalement par le biais d'économies.

[Article publié le lundi 6 janvier 2025 à 11h12, mis à jour à 16h41] 50 milliards d'euros : c'est le montant de l'effort budgétaire que le gouvernement de François Bayrou va demander au pays. Soit 10 milliards d'euros de moins que le précédent exécutif, mené par Michel Barnier et censuré début décembre, qui souhaitait 60 milliards d'économies (40 milliards via des réductions de la dépense publique et 20 milliards via des hausses d'impôts).

« Ce sera essentiellement des économies. Il n'y aura pas de nouvelles hausses d'impôts par rapport à celles qui ont déjà été annoncées », a assuré ce lundi le ministre de l'Économie, Éric Lombard, sur France Inter.

Déjà la veille, la ministre chargée des Comptes publics avait fait la même promesse. « Pas de nouveaux impôts ni de hausses d'impôts qui pénaliseraient le pouvoir d'achat de la classe moyenne. La (hausse de la) TVA n'est donc pas une option envisagée », avait fait savoir Amélie de Montchalin dans une interview au journal Le Parisien.

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Un déficit entre 5% et 5,5%

« Tout le monde peut et doit faire plus d'économies », a martelé la ministre. Car l'objectif derrière est bien de le déficit public de la France qu'Éric Lombard prévoit de maintenir cette année dans une fourchette entre 5% et 5,5% du produit intérieur brut (PIB) afin de « protéger la croissance ». Soit davantage que l'objectif de 5% visé par le précédent gouvernement de Michel Barnier. Mais moins que le déficit final de 2024, qui sera « autour de 6,1% », a précisé le ministre.

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Pour y parvenir, le gouvernement souhaite maintenir la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devrait rapporter de l'ordre de 8 milliards d'euros cette année. Ainsi que la taxe sur les rachats d'actions et celle sur les billets d'avions. Un éventuel relèvement du prélèvement forfaitaire unique (« flat tax »), actuellement de 30%, est également sur la table. Concernant la contribution exceptionnelle des hauts revenus, elle ne sera pas reconduite en tant que telle. Sans pour autant être définitivement écartée. « On peut trouver des mécanismes qui visent à ce que les personnes qui ont des revenus importants participent à l'effort fiscal », a estimé Eric Lombard.

Amélie de Montchalin a par ailleurs ajouté ce lundi sur France 2 vouloir davantage lutter contre la « suroptimisation fiscale ». Ce sont « les niches mais ce sont aussi les impôts qui ne sont parfois pas payés parce que vous créez des holdings, parce que vous faites des montages très complexes : ça, on veut lutter contre », a-t-elle indiqué, la différenciant de « l'optimisation fiscale [qui] n'est pas illégale ».

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Début des consultations avec les forces politiques

Ces mesures pourraient être intégrées dans le nouveau projet de loi de finances 2025 que l'exécutif mené par François Bayrou entend préparer au plus vite. C'est pourquoi les consultations entre les ministres de Bercy et les forces politiques ont démarré ce lundi. Avec l'objectif, pour le gouvernement minoritaire, de « parvenir à un accord ou, a minima, un accord de non censure », dixit Éric Lombard.

« Je pense qu'il y a des convergences possibles avec le Parti socialiste, mais aussi avec le Parti communiste et avec les Verts », a-t-il ajouté sur France Inter.

Marc Fesneau a été le premier reçu dans la matinée par le ministre de l'Économie. Le chef de file des députés MoDem a estimé que des « compromis » budgétaires étaient possibles, notamment avec les socialistes sur la « justice fiscale » et la « justice sociale ». Et a demandé que les « questions régaliennes » restent des « priorités ». « Il n'est pas question pour nous de faire des économies sur la police, sur la justice, sur les armées », a-t-il prévenu.

Ont suivi en début d'après-midi Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Boris Vallaud, président du groupe Socialiste à l'Assemblée nationale, et Patrick Kanner, son homologue au Sénat. « Nous avons rappelé (...) que nous n'étions pas prêts à nous vendre et que s'il n'y avait pas des concessions remarquables pour les Françaises et les Français, nous étions prêts à nouveau à prendre nos responsabilités y compris par la censure », a déclaré Olivier Faure, à l'issue de l'entrevue de presque deux heures à Bercy. Et d'ajouter : « Nous ne le souhaitons pas; nous souhaitons des avancées, qu'il y ait un dialogue fructueux (...) nous voulons une négociation ».

Patrick Kanner a de son côté salué la « proposition de modification, d'évolution de la réforme de la retraite ». Éric Lombard s'est en effet dit ouvert au dialogue sur le sujet, y compris l'âge de départ à 64 ans. Posant néanmoins la condition de ne pas détériorer davantage l'équation financière du système.

Écologistes et communistes devraient quant à eux être reçus mercredi. Du côté de La France insoumise, Éric Coquerel s'entretiendra avec Éric Lombard à Bercy jeudi après-midi, a indiqué son entourage à l'AFP.  Et vendredi, ce sera au tour du RN. Les consultations auront lieu jusqu'à la déclaration de politique générale du Premier ministre, prévu le 14 janvier.

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Amélie de Montchalin s'est affiché confiante sur l'issue des pourparlers. Pour elle, puisque « la loi spéciale a été votée à l'unanimité, nous pouvons trouver une majorité » sur le budget, a-t-elle estimé. Pour cela, « nous repartirons des textes en discussion au Parlement », a-t-elle indiqué. « Des éléments ont fait consensus, ce serait absurde de ne pas les garder. D'autres ont contribué à la censure : nous devons en tenir compte, en discuter avec les forces politiques et amender sensiblement le budget », a-t-elle ajouté.

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Concernant le calendrier, la ministre s'est faite plus précise ce lundi sur France 2. « On vise d'avoir un budget, on espère, courant février, pour que, au plus tard fin février, les Français sortent de l'incertitude, sortent de l'immobilisme », a-t-elle fait savoir. Le compte à rebours a démarré.

(Avec AFP)

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