L'Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du PLF après des dizaines d'heures de débats dans l'hémicycle et en commission. Le vote achève un mois parlementaire chaotique.Dans une ambiance électrique, l'Assemblée nationale a écarté, sans vraiment de surprise, le volet recettes du projet de loi de finances 2025 ce mardi, en fin de journée. Le texte a été rejeté avec 192 voix pour et 362 contre. « Le gouvernement prend acte de ce rejet (...). Une majorité de députés rejette le matraquage fiscal et ne peut pas légiférer contre le droit », a aussitôt réagi le ministre du Budget, Laurent Saint-Martin, à l'issue du scrutin.
«La culture de compromis et de coalition ne s'est pas vue. Je le regrette. L'examen du texte au Sénat va permettre de retrouver des amendements discutés à l'Assemblée nationale. Ce travail n'a pas servi à rien», a-t-il poursuivi devant un hémicycle bondé, après une séance de questions au gouvernement.
Le gouvernement Barnier s'apprête donc à retrouver une version du texte qu'il avait présentée il y a un mois jour pour jour après moults reports.
«Mécontentement» et «agacement»
Entre amertume et désarroi, les députés ont navigué en eaux troubles depuis la reprise de la session parlementaire, fin septembre. « Il y a un mécontentement sur la préparation et la présentation du budget. Le résultat est une déroute pour le gouvernement. Le gouvernement a joué la carte du discrédit sur l'Assemblée nationale. Il y a un vrai agacement chez les députés », a déploré, Harold Huwart, député et porte-parole du groupe Liot.
« Les conditions d'examen de ce budget sont scandaleuses. On a assisté à un coup de Trafalgar sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale », a abondé la députée Léa Balage El Mariky, porte-parole du groupe des écologistes au Palais Bourbon, lors d'un point presse. Pour David Amiel, député EPR de Paris et proche d'Emmanuel Macron, ce texte est « indigne de ce que l'on doit aux Français ».