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ÉconomieFrance

Chômage, impôts, Brexit, Macron..., ce qu'a dit Hollande ce 14-Juillet

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 14 juillet 2016 à 14:44 - Mis à jour le 14 juillet 2016 à 16:00

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Chômage, impôts, Loi El Khomri, dépenses publiques, Brexit, état d'urgence, Emmanuel Macron...., François Hollande a répondu ce jeudi aux questions de TF1 et de France2, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, la dernière de son mandat.

Chômage, impôts, Loi El Khomri, dépenses publiques, Brexit, état d'urgence, Emmanuel Macron...., François Hollande a répondu ce jeudi aux questions de TF1 et de France2, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, la dernière de son mandat.

La courbe du chômage s'inversera en fin d'année"

Après avoir menacé Emmanuel Macron de l'évincer du gouvernement si ce dernier ne respectait les règles qui s'imposent à un ministre, François Hollande a confirmé les propos tenus il y a trois mois sur l'amélioration de la situation économique de la France.

"Cela va effectivement mieux. Nous avons retrouvé de la croissance. Cela signifie pour les Français qu'il y a un peu plus de pouvoir d'achat et qu'il y a des créations d'emplois", a-t-il expliqué, en garantissant "une inversion de la courbe du chômage en fin d'année" mais qui "restera encore trop élevé"."J'avais demandé du temps pour remettre l'économie sur ses pieds et notamment sur les pieds de la compétitivité. Si nous ne sommes pas compétitifs, nous ne pouvons pas créer d'emplois. Il fallait redonner des marges aux entreprises et stimuler l'emploi. C'est ce que nous avons fait. Il faudra continuer la politique que j'ai engagée".

Baisse d'impôts en 2017 seulement si le PIB atteint 1,7% de croissance

Le gouvernement table sur une croissance supérieure à 1,6% en 2016 et de 1,7% en 2017, un niveau qui permettrait, pour le chef de l'Etat, d'enclencher une nouvelle baisse d'impôts.

"Je ne ferai de baisse d'impôts pour l'année prochaine que si nous avons la certitude d'avoir une croissance supérieure encore à celle de cette année. Il faudra pour cela "avoir une perspective de croissance de 1,7% l'année prochaine", a-t-il souligné, en précisant qu'il n'y avait "pas de certitude" à ce stade d'y arriver.

La décision sera prise en septembre, a-t-il ajouté.

Situation fragilisée par le Brexit

Car si elle s'améliore, la situation reste "fragile ", aux yeux du chef de l'Etat en raison dit-il de "l'incertitude" que fait peser le Brexit sur l'économie française.

"Il ne faut pas que cette malencontreuse décision ait des traductions sur notre économie", a-t-il déclaré.

Aussi, pour réduire l'incertitude liée aux futures relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, François Hollande demande-t-il à la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May, de déposer au plus vite la notification de sortie du Royaume-Uni de l'UE.

"Plus tôt, Madame May engagera la procédure de sortie, meilleure sera la relation future entre l'Europe et le Royaume-Uni et meilleure sera notre situation", a indiqué le chef de l'Etat, en précisant au passage que "le Royaume-Uni ne pourra pas avoir les mêmes avantages en étant en dehors de l'UE ».

Dépenses publiques : 46 milliards d'euros d'économies

Interrogé sur la baisse des dépenses publiques, François Hollande, a confirmé que les 50 milliards d'euros d'économies annoncées ne seront pas réalisées mais que "46 milliards seront faites sur 4.000 milliards de dépenses".

Le chef de l'Etat justifié cette inflexion par les attentats du 13 novembre, en rappelant son engagement "de mettre fin à la baisse des effectifs ans les armées, d'augmenter le budget des armées, d'augmenter les effectifs de police et de gendarmerie, de faire en sorte d'équiper nos forces". Il a également justifié la dépense de 1,5 milliard en faveur des agriculteurs "par l'une des plus graves agricoles que la France ait traversées.

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"Non seulement, j'aurai répondu aux exigences de la période, j'aurai fait 46 milliards d'économies, quand mes prédécesseurs n'en avaient pas faites, et j'aurai fait diminuer le déficit public. (...) Donc, je vais laisser une situation où il y aura moins de déficit, moins d'impôts par rapport à 2012 pour les ménages et les entreprises et donc j'aurai permis à notre pays d'être dans une meilleure situation en 2017 qu'en 2012", a-t-il assuré.

Fin de l'Etat d'urgence

Si la menace terrorisme est toujours présente, François Hollande a confirmé la levée de l'Etat d'urgence le 26 juillet en raison de la mise en place d'un arsenal législatif qui "donne les moyens de lutter avec efficacité". Le plan Vigipirate sera maintenu à son niveau maximum, mais le dispositif de l'opération Sentinelle va être allégé en passant de 10.000 soldats pendant l'Euro à 7.000 après le Tour de France.

Loi El Khomri : Hollande s'inscrit dans la démarche du Front populaire

Interrogé sur la loi Travail, François Hollande a déclaré qu'elle était "conforme à [ses] valeurs" en tant "qu'homme de gauche", et qu'il "s'inscrivait dans la démarche" du Front populaire et de sa loi sur les conventions collectives.

"Je pensais que cette loi allait être bonne pour le pays et conforme à mes valeurs. Je suis un homme de gauche, j'ai toujours eu cet engagement". Je me souviens qu'en 1936, la grande loi [était celle] sur les conventions collectives. Je m'inscris dans cette démarche-là, car il va y avoir des accords d'entreprise, avec des syndicats qui vont être renforcés puisque ce sont eux qui vont négocier dans les entreprises et qu'il faudra qu'ils représentent la majorité des salariés", a-t-il lancé.

Il y a 80 ans, le gouvernement du Front Populaire instituait les conventions collectives de branche, qui primaient sur les contrats de travail de toutes les entreprises d'un secteur économique. En défendant son projet, François Hollande a par ailleurs exclu tout retrait du texte, qui revient mercredi à l'Assemblée, et ajouté que les nombreux décrets d'applications seraient pris "immédiatement".

Il a cependant admis qu'"il y avait peut-être eu une mauvaise présentation initiale" du projet. "Quand je vais terminer mon mandat, je préfère pouvoir dire que sur une sujet essentiel, le travail, et un sujet majeur, l'emploi, j'ai fait avancer la vie de mon pays, plutôt que de simplement satisfaire la passivité et l'immobilisme", a-t-il lancé. "Pour ne pas être impopulaire, mieux vaut ne rien faire? Telle n'est pas ma conception de l'action", a-t-il conclu.

Trois initiatives pour l'Europe

Pour relancer l'Europe, François Hollande propose une nouvelle impulsion. « L'essentiel est la protection des Européens (...). Je vais demander à nos partenaires de dégager un budget des dépenses supplémentaires sur ces questions de sécurité. L'Allemagne vient de décider de s'engager davantage pour la défense y compris pour des opérations extérieures. Deuxième initiative, sur l'investissement et l'emploi, nous devons doubler les investissements au cours des 5 prochaines années. Troisième initiative, nous devons avoir un gouvernement de la zone euro, avec un budget de la zone euro pour avoir la capacité de faire des investissements".

"Protéger la maison France"

Alors qu'il ne dévoilera pas ses intentions pour 2017 avant la fin de l'année, François Hollande a répondu à la question de David Pujadas, lui demandant "quels seraient, selon lui, pour le futur candidat de la gauche social-démocrate, les axes de campagne, d'un dessin pour la France"

"L'idée majeure qui m'anime qui pourrait justifier d'aller devant les Français (une décision que je n'ai pas prise) c'est de faire en sorte que notre pays puisse être maître de son destin, qu'il y ait de la cohésion nationale, sociale et culturelle".

"Je dois protéger la maison France, la maison France, elle est fragile, elle peut se séparer", a-t-il poursuivi.

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"L'enjeu de 2017, c'est un enjeu beaucoup plus important que celui de 2012. En 2012, il fallait que le pays se redresse pour redistribuer. En 2017, il va falloir que le pays tienne debout, se lève et puisse parler au monde parce que ce qui est en cause dans le monde, ce qui nous menace, c'est une atteinte à la démocratie".

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