Chômage : le gouvernement envisage de durcir les règles d'indemnisation pour répondre à la pénurie de main d'oeuvre

Fanny Guinochet
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Il n'est plus possible d'avoir dans le même temps, autant de chômage, au-dessus de 7% dans l'Hexagone, et des postes disponibles, faute de candidats.
C'est ainsi que Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, s'est exprimé aux Rencontres économiques qui se tenaient ce week-end à Aix-en-Provence. Une réponse aux patrons - de grands groupes comme de petites entreprises -, qui se plaignaient tous d'avoir du mal à recruter.... Quel que soit le secteur, dans l'aéronautique, le transport, le tourisme, ou l'hôtellerie-restauration, tous assurent être contraints dans leurs activités à cause de ces problèmes d'effectifs. Des restaurants ferment plus tôt, faute de personnel, des commandes ne peuvent être honorées... etc.
Et alors qu'Emmanuel Macron reçoit, ce lundi, à Versailles, les patrons étrangers dans le cadre de l'opération « Choose France », « comment attirer les investissements dans l'Hexagone si on est incapables d'avoir les moyens humains, et les compétences ? », s'agace un conseiller ministériel. Pas question de freiner l'attractivité française.
Face à cette situation, plusieurs membres de l'exécutif ont promis de s'attaquer au sujet dès la rentrée. Une des solutions, selon le gouvernement, serait de lancer très vite la réforme de l'assurance chômage.
Promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne, cette réforme viserait à aller un cran plus loin que celle déjà faite lors du premier quinquennat. Sur le papier, cet acte 2 devrait moduler les indemnisations en fonction de la conjoncture économique. Plus la situation se dégrade, plus le système d'indemnisation est généreux. Et à l'inverse, plus elle s'améliore, et moins le régime verse d'indemnités. Avec une croissance qui ralentit, mais un taux d'emploi qui reste élevé, le gouvernement aurait tout intérêt à ne pas trop attendre.
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Dans la réforme, il s'agirait aussi, selon plusieurs sources, de durcir certaines règles qui peuvent inciter des salariés à bénéficier indûment d'indemnités et à rester au chômage. "Il y a de nombreux angles morts, des zones grises dans le système, qui ne favorisent pas le retour à l'emploi", plaide un bon connaisseur du dossier, proche de l'exécutif. Exemple : « quand vous abandonnez votre poste du jour au lendemain, sans donner signe à votre employeur, vous pouvez quand même toucher une allocation », développe-t-il. En durcissant encore un peu plus certaines règles d'indemnisation, le gouvernement espère donc inciter les actifs à reprendre un travail plus vite.
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Fanny Guinochet