Comment François Asselin a réussi à imposer les PME dans le débat public

Fanny Guinochet
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Durant ses dix années à la tête de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin aura toujours eu à cœur de défendre les petits patrons, de rappeler que ces artisans, chefs d'entreprise, ne comptent pas leurs heures, ne gagnent pas des salaires astronomiques, font du dialogue social comme Monsieur Jourdain sans le savoir, sont proches de leurs équipes... Bien loin de la caricature du dirigeant que certains brossent.
Ne comptant pas son temps pour donner de la visibilité aux PME, notamment sur la scène médiatique, François Asselin aura, en partie, réussi son pari : dans l'opinion, les patrons des petites entreprises ont désormais plutôt la cote.
Quant à son organisation, elle a aussi pris du galon sous ses deux mandats, dans une période difficile où les partenaires sociaux n'ont pas toujours été considérés par le gouvernement. Sous son impulsion, la CPME s'est hissée au rang d'organisation patronale qui compte, avec une représentativité de 25,54 %, entre le Medef (69,21 %) et l'U2P (entreprises de proximité, 5,24 %). Réalisé tous les quatre ans, le nouveau comptage sera annoncé en juillet.
Même si les relations ne sont pas toujours simples avec les homologues patronaux (notamment l'U2P ), la CPME s'est imposée comme un acteur incontournable à la table des négociations sociales. Et pour cause, fervent défenseur du paritarisme, François Asselin a toujours cherché l'échange avec ses homologues syndicaux. Avec ses opposants, ce sexagénaire courtois a par ailleurs constamment pris soin d'éviter le clash.
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Soucieux de moderniser une organisation souvent jugée vieillotte et refermée sur elle-même, il a en modifié les mandats — pour les limiter à deux au maximum ! — et établit la parité dans les instances. Et si la CPME reste traversée par des divisions internes, comme il y a encore quelques semaines, précisément au sujet de sa succession, le sortant aura cherché à maintenir l'unité. En début d'année, François Asselin a ainsi pris soin d'écrire à ses troupes, dans un courrier interne. Objectif : leur rappeler la nécessité de maintenir une CPME libre et soudée, d'éviter de se monter les uns contre les autres, les parisiens contre les provinciaux, les unités territoriales contre les grandes fédérations qui la composent...
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Fanny Guinochet