Comment le gouvernement veut doper les exportations

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(Crédits : Reuters)
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et la secrétaire d'État Agnès Pannier Runacher sont venus défendre leur plan destiné à muscler les exportations des PME françaises devant un parterre de dirigeants à l'occasion de l'événement Bercy France Export. L'objectif est d'enrayer la chute du déficit commercial français.

Il y a un an jour pour jour, le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian présentaient un plan destiné à booster les exportations françaises dans la région des Hauts-de-France. Ce jeudi 21 février, à l'occasion de la cinquième édition de Bercy France Export, qui réunit plus de 600 professionnels de l'export, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher sont venus présenter un premier bilan de tous ces dispositifs.

Si la contribution du commerce extérieur sur le produit intérieur brut (PIB) français n'est plus négative depuis 2017, les performances jugées décevantes des PME hexagonales à l'international restent un point noir de l'économie tricolore depuis le début des années 2000. Les derniers chiffres de l'administration des douanes signalent que le déficit commercial de biens et de services s'est encore détérioré passant de 57,8 milliards en 2017 à 59,9 milliards en 2018, soit une chute de 2,1 milliards d'euros.

> Lire aussi : Pourquoi le déficit commercial s'est creusé à 59 milliards d'euros en 2018

Guichets uniques

Sur le campus de l'EDHEC Business School à Roubaix, le chef du gouvernement avait rappelé sa priorité de regrouper les acteurs de l'exportation, à savoir Business France, les Chambres de commerce et d'industrie (CCI), et la BPI au sein de guichets uniques implantés dans les régions. Un an après cette annonce, "le déploiement a pris un peu de retard" concède-t-on à Bercy. Selon un récent communiqué de ce regroupement baptisé "Team France Export", 250 conseillers internationaux ont été recensés dans toute la France et 750 conseillers internationaux ont été répartis dans 65 pays. L'installation de ces conseillers pourrait aider les entrepreneurs à identifier les acteurs incontournables sur le terrain.

> Lire aussiÉdouard Philippe présente son plan pour relancer les exportations

Outre ces conseillers, d'autres outils ont également été mis en oeuvre par l'exécutif pour muscler la présence des entreprises françaises dans le commerce international. Lors de son intervention dans la salle de conférence Pierre Mendès-France ce jeudi, la secrétaire d'État a mis l'accent sur quelque uns des dispositifs.

  • l'assurance prospection;
  • la garantie des projets stratégiques (dans une communication, la direction générale du Trésor (DGT) précise que  travers cette garantie, l'État acceptera désormais de couvrir des projets de grande envergure à l'étranger ne reposant pas nécessairement sur un contrat d'exportation, dès lors qu'ils présenteront un caractère stratégique pour la Nation");
  • la garantie des filiales étrangères d'entreprises françaises ("il garantit à une entreprise la couverture maximale autorisée de ses contrats d'exportation sur trois ans, en échange d'engagements en termes de part française moyenne sur la même période, constitue un nouvel outil ambitieux de soutien à l'export");
  • le pass'export;

Par ailleurs, l'entourage de la ministre précise que les PME sont principalement visées dans cette nouvelle stratégie. En effet, les résultats communiqués par les douanes rappellent que ce sont souvent les très grands groupes (Airbus, chantiers navals de Saint-Nazaire, ou encore des grandes entreprises du luxe) qui réalisent de bonnes performances à l'étranger contrairement aux petites et moyennes entreprises.

La loi Pacte une nouvelle fois reportée

La loi Pacte, destinée à renforcer la place des entreprises françaises sur la scène du commerce mondial, n'en finit pas de prendre du retard. Sans réelles surprises, les 14 députés et sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) n'ont pas réussi à trouver un accord sur ce plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises défendu par Bruno Le Maire ce mercredi 20 février . Reporté à plusieurs reprises, ce texte connaît un véritable parcours chaotique.  "La commission mixte paritaire (7 députés-7 sénateurs, Ndlr) non conclusive de ce jour a confirmé les divergences majeures entre l'Assemblée et le Sénat. Ce sont deux visions incompatibles du rôle de l'entreprise dans la société qui se sont confrontées", ont estimé dans un communiqué les députés LREM. Ils défendent "un nouveau modèle pour redonner des perspectives de croissance à nos entreprises françaises et les repositionner dans un marché européen international de plus en plus concurrentiel", face selon eux au "conservatisme du Sénat". La privatisation du groupe ADP et de la Française des jeux (FDJ), l'objet social de l'entreprise, les seuils sociaux, représentent des points d'achoppement majeurs entre les élus de la majorité et ceux de l'opposition.

Le projet de loi sera examiné par la commission spéciale de l'Assemblée, présidée par Olivia Grégoire (LREM), dès le 4 mars, avant son passage dans l'hémicycle en nouvelle lecture du 13 au 15 mars. Après une navette avec le Sénat, l'Assemblée aura le dernier mot. Le rapporteur de la loi Pacte Roland Lescure espère une promulgation avant l'été.

>Lire aussi : Loi Pacte : quatre points d'achoppement majeurs

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Commentaires
a écrit le 22/02/2019 à 16:40 :
J'ai eu une petite entreprise à une époque et j'aurais pu facilement exporter vers l'Afrique ou autres, mais le prix que coûte le transport français, la logistique ce n'est même pas la peine d'essayer.
Je me souviens avoir expédié une pièce d'ordi de collection de 400g payé 4€ en Australie elle est revenue à 28€ à l'acheteur.
Quand on voit les Alsaciens traverser le Rhin pour expédier des colis, on a tout compris. les chinois envoyer une pièce détachée pour 1€ port compris, chez-nous faut compter ~ 4€.
Avec les dirigeants qu'on a le font bien rire de résoudre le déficit de la balance commerciale si on peut pas expédier ce qu'on produit!
a écrit le 22/02/2019 à 14:38 :
Pour l’instant toute action économique menée par M. Le Maire est soit sans grand résultat Fincantieri/STX/Naval Group ou fiasco Ascoval avec pour ce dossier un amateurisme de Bercy exceptionnel, ne pas avoir vu que le repreneur Belge n’était pas à la hauteur de ces engagements ce n’est pas l’entreprise belge qui a trompé les salariés mais M. Le Maire et sa secrétaire d’état des amateurs en matière de rachat d’industrie, autre action qui tourne au fiasco Ford. Je crois que M. Le Maire lorsqu’il était dans le gouvernement M. Sarkozy/Fillon c’était gargarisé du sauvetage de Le Jalby on connait la suite. Pour ce qui de relancer l’exportation tous les gouvernements nous ont joué la même chanson et tous à ce jour ont chanté plus que faux. Je me souviens des grands moments comme au tout début des années 80 avec la possibilité de se faire rembourser les billets d’Air France par une assurance à l’époque étatique pour l’exportation vers la Chine une ruée pour un maigre bilan, je me souviens dans les mêmes années des prêts à certains pays d’Asie à 4 points alors que notre inflation était supérieure à 15 points des « subventions »  à certains pays anglophones et qui passaient commandes à des entreprises anglo-saxonnes réveil tardif des politiques pour un retour vers des entreprises françaises, je me souviens des petits arrangements politico-industriels avec Elf, mais aussi des financements français pour un gavage maximum de certaines entreprises bleu blanc rouge qui se frottaient les mains et pour cause Bercy était incapable de lire un contrat, je me souviens des magnifiques contrats en Irak dont le côté irrévocable et confirmé ne passait alors l’état par l’intermédiaire d’une banque privatisée jouait les grands seigneurs nous n’avons d’ailleurs jamais eu le retour financier d’un des plus grands scandales politiques. Je me souviens des conseillers dans les ambassades certains bons mais pour d’autres plus champions sur un court de tennis que champions de la croissance etc etc . Parions que le gouvernement actuel ne fera pas mieux et pour cause tout d’abord refus d’écouter les entreprises, les cerveaux de nos hauts fonctionnaires sont pour beaucoup sourds aux idées des entreprises. Un autre point aussi et non des moindre un manque d’offres produits de nos industriels, également le choix de gammes moyennes gammes mal positionnées qui est aujourd’hui la production des pays de l’est et d’une partie de l’Asie tout en sachant pour cette dernière des offres également de hautes technos. Nos industriels ont pour beaucoup trop misés sur l’état « providentiel » ont peu ou mal investi soit dans la robotisation soit dans la R&D . La France a pris beaucoup de retard et laissé filer une partie de son potentiel industriel, le politique n’a jamais été à la hauteur de la révolution d’une économie mondialisée. En 30 ans d’exportation j’ai vécu bien des événements et surtout analysé ce manque de maturité des PME et politiques en matière de guerre des marchés.
a écrit le 22/02/2019 à 13:41 :
Dans le titre il est noté : L'objectif est d'enrayer la chute du déficit commercial français.

Je pense qu'effectivement avec M. MACRON, nous allons enrayer la chute du déficit commercial français, en faisant la promotion du latin comme langue d'avenir, comme le déclare sans rire M. BLANQUER.

Mais en attendant, nous avons des journalistes qui parlent peut-être le latin, mais qui ne comprennent rien au français. Enrayer la chute du déficit signifie que celui-ci baisse, et qu'il faut arrêter cette baisse.
a écrit le 22/02/2019 à 13:30 :
C'est toujours ce défaut de croire que les choses se font par l'état. L'état peut mettre en place des mesures de simplification, mais simplifier, c'est déjà à 80% de ne plus s'en mêler et à 20% de donner des infos.

L'export, c'est avant tout une entreprise qui a le bon produit, de bonne qualité, et au bon coût. La seul exception, c'est l'armement.

L'export ne se décide pas avec des mesures gouvernementales, mais avec des entreprises qui en font une stratégie commerciale, orientée produit/client/accompagnement à l'export d'un donneur d'ordre. Pas en passant 80% du temps à visiter les guichets d'aides à l'export.

La meilleure aide de l'état, c'est de ne pas s'en mêler, et que les entreprises se prennent elles-mêmes en charge. Et leur tenir la main n'est pas toujours la meilleure chose à faire pour les aider à murir.
a écrit le 22/02/2019 à 12:44 :
Que le Ministre lise l'article sur le déclin de l'industrie agroalimentaire, et il saura quoi faire!
Nos entreprises ne peuvent exporter que si elles peuvent déjà vivre du marché national et ne pas être soumises aux pressions de la grande distribution qui conduisent à leur disparition progressive.
a écrit le 22/02/2019 à 11:20 :
750 conseillers internationaux dans 65 pays !!!! Il y a plus de 190 pays à l'ONU!!! Combien de pays ne sont visités par ces conseillers que quelques jours par an. Comment la présence de la France peut être elle perçue dans de nombreux pays d'Afrique en particulier où les anciens conseillers des Postes d'Expansion Economique ne sont qu'épisodiquement présents? Ils ne font plus toute leur carrière à l'étranger mais doivent, maintenant, revenir "s'imprégner" dans les régions durant trois ans avant de se ré-expatrier. Heureusement que M.Benalla ait pu promouvoir durant quelques mois la présence de la France !!! Ce manque d'ambition est une des causes de notre quasi absence des entreprises françaises sur de nombreux marchés émergents. A part la Francophonie qui est trop souvent mise en avant , c'est plutôt la cacophonie qu'il faut relever dans nos échanges avec l'étranger alors que les autres nations industrielles tissent un réseau efficace pour s'intégrer à la mondialisation: on met en avant des augmentations de 20% d'une année sur l'autre ne xportations pour certains pays, mais si l'on part de presque rien, on arrive à pas grand chose!!!
a écrit le 22/02/2019 à 10:06 :
article Bloomberg sur les pays exportateurs qui sont à la peine :
Global trade pain stings export economies from Japan to Germany, Bloomberg, 21/02/2019.
avec graphe montrant les indicateurs PMI industriels qui plongent chez Japon, Allemagne ou Zone Euro, alors que cela résiste en France. cohérent avec la forte hausse de l'investissement industriel envisagée en France cette année (cf. Usine Nouvelle).
les exportations baissent aussi en Corée Sud ou à Singapour.
a écrit le 22/02/2019 à 9:56 :
il faut changer les seuils sociaux, marier et laisser grandir nos entreprises pour exporter !
a écrit le 22/02/2019 à 3:04 :
"Team France Export" , ca en jette, les chinois n'ont plus qu'a bien se tenir.
Le monde aussi tant que nous y sommes. Ca va saigner. Cocorico.
a écrit le 21/02/2019 à 22:58 :
Le problème de nos exportations vient du fait que nous sommes moyens dans nos produits industriels. Cela fait 20 ans que l'on parle de la nécessaire montée en gamme du made in France malheureusement la formation ouvrière n'est pas au rendez, les capitaux non plus et la R&D est encore bien souvent anecdotique. Cela dit il y a un vent de changement depuis 2-3 ans donc il va falloir accélérer le mouvement.
Nous souffrons surtout d'une image déplorable d'ancien colon en Afrique et de notre culture latine en Asie. Il va donc falloir commencer à utiliser nos forces à savoir l'immense diaspora française d'origine africaine et asiatique qui pourront être les premiers ambassadeurs de notre nation à l'étranger cela pour changer notre image et apporter un nouveau souffle à des relations bien souvent déséquilibrée et qu'il va falloir revitaliser.
Nous avons tout pour être un champion mondial des exportations mais pour cela il va falloir cesser de faire des transferts technologiques juste pour vendre ponctuellement et d'autre part il va être vraiment nécessaire de miser le paquet sur nos atouts technologiques nombreux et notre ingénierie incomparable (Alstom, Schneider, Dcns, legrand, areva, renault, PSA, Airbus, air liquide, atos, cegid ...).
a écrit le 21/02/2019 à 22:51 :
C'est la solution du gouvernement : une taxe, 5kg de formulaires CERFA à remplir et enfin la mise en place d'un label avec un agrément obligatoire.
Avec ce cocktail, les entreprises exporteront jusque sur Neptune.
Réponse de le 22/02/2019 à 6:55 :
Il suffit de taxer fortement les entreprises qui n'exportent pas et de leur supprimer le CICE!Vous allez voir qu'ils vont se bouger....
a écrit le 21/02/2019 à 21:02 :
Tout à fait d'accord: une loi est la bonne réponse; toutefois, il vaudrait mieux faire appel au bon sens.
a écrit le 21/02/2019 à 20:24 :
ce qui plombe les exportation c est l EURO le reste c est de la cosmetique
a écrit le 21/02/2019 à 18:03 :
Dépêchez vous avant que la France ne disparaisse noyer dans l'UE de Bruxelles, déjà qu'elle n'a plus de frontières comment dire qu'elle "Exporte"!?
a écrit le 21/02/2019 à 17:57 :
Pour doper les exportations, il faut éviter les délocalisations! A moins de vouloir parler au nom de l'UE de Bruxelles!

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